Le balcon parisien, saison 6 épisode 1

29 mai 2016 § 16 Commentaires

Comme je l’avais brièvement expliqué à Laurence, qui s’inquiétait généreusement de ne plus rien lire sur le balcon, le temps m’a manqué ces derniers temps. Je ne peux pas dire que j’en ai plus aujourd’hui, mais c’est en ce moment la plus belle période du balcon, celle où tout ou presque est en fleur et ça m’ennuyait de rien montrer. Et puis ce blog entame sa sixième année, ce qui mérite bien que je délaisse un peu le boulot et le reste. D’autant que j’ai trouvé un peu de temps pour remporter, transplanter, repiquer…. Je vais faire comme un scénariste de série à succès, je ne vais pas tout dévoiler dès le premier épisode de la nouvelle saison, mais voici un premier aperçu des nouveautés et des changements.

Autant être franche, le printemps s’est fait attendre et alors qu’i est censé disparaître dans trois semaines, on peut dire qu’on l’aura assez peu vu. J’ai attendu la mi-mai pour cesser de donner des graines à la ménagerie habituelle (mésange, bleues et charbonnières, merles, étourneaux, moineaux), et quand il a fait de nouveau très froid début mai, tout la volière était bien contente de trouver un peu de graines et d’eau sous les grêlons.

Je vais sans doute commencer par la glycine, qui a donné de très belles grappes de fleurs cette année et qui sont restées en fleur très longtemps avant de faner (il faut bien que le temps frais ait un avantage).

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Et en plus, elle embaumait dès que le soleil arrivait! Elle est désormais couverte d’un beau feuillage qui pour le moment ne souffre pas de chlorose.

Deux arbres nés sur le balcon se sont aussi bien sortis de l’hiver (qui n’a pas été très rigoureux non plus). L’amandier tout d’abord, qui a lancé de nouvelles pousses et qui avant cela s’est retrouvé couvert de fleurs. le voilà maintenant avec des amandes. Il y en a eu beaucoup au départ, sans doute trop d’ailleurs, et au final il ne reste que 5 grosses amandes, mais pour un arbre de sa taille, et qui vit en pot, c’est déjà bien:

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Il y a aussi le marronnier, qui avait souffert (il était tout jeune l’an dernier) de la mineuse, mais qui a plus que doublé de volume au sortir de l’hiver. Sa mue m’a fascinée et j’adore ce moment où le bourgeon gluant laisse sortir le duvet vert des feuilles.

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Côté cour, l’altéa et l’érable du Japon se portent très bien, et à ma grande surprise, l’érable a fleuri pour la première fois! Je pensais qu’il se sentirait toujours trop à l’étroit pour fleurir, il faut croire que non:IMG_3245

la bonne santé de ces arbres (bonne santé partagée avec l’olivier et l’abélia) compense un peu le départ du regretté Ginkgo pour un jardin moins hostile. Je lu ai rendu visite la semaine dernière: il se porte à merveille. Fin de l’épisode 1, la suite bientôt.

Le Balcon disgracieux

30 novembre 2015 § 4 Commentaires

La grande tristesse qui s’est abattue sur Paris ces deux dernières semaines n’a pas épargné le balcon. C’est de saison me direz-vous, mais le balcon est tout à coup devenu assez disgracieux. Cette année plus que les autres années. Les températures douces qui se sont éternisées ont maintenu l’ensemble dans une sorte d’été sans fin, mais sitôt cette douceur passée tout est devenu gris et poussiéreux. La glycine et le Ginkgo ont perdu très rapidement toutes leurs feuilles, les platanes de la rue aussi et le reste ont suivi assez brutalement. Il n’est plus resté que les cosmos squelettiques, presque inquiétants comme des « tumbleweeds » de western.

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J’ai évidemment pensé arracher tout ce qui était fané (cosmos, mais aussi plans de tomates rabougris) mais si je ne l’ai pas encore fait ce n’est pas par flemme. Je me suis rapidement aperçue que certains trouvaient leur compte à ce spectacle désolant: les oiseaux. Il faut dire que dès les premières baisses de température les squatteurs sont revenus en grand nombre sur le balcon: deux merles, 3 mésanges charbonnières et au moins 5 ou 6 mésanges bleue, plus un rouge-gorge forcément solitaire (je vous conseille le dernier numéro de La Hulotte, consacré à ce charmant volatile). Les merles ont entrepris de transformer le balcon en souk en mettant de la terre et des trognons de pomme partout, mais ils ont fini par comprendre qu’il n’y avait toujours pas de vers de terre dans les bacs et par se mettre à dévorer les trognons. Le rouge-gorge grappille au sol ce que les mésanges voraces font tomber de la mangeoire. Il n’est pas très sociable et vient donc le matin tôt, aux premières lueurs du jour. Les mésanges ne sont ni asociales ni craintives et descendent en moins d’une semaine les nouveaux mélanges de graine dont je remplis la mangeoire: tournesol décortiqué, maïs rouge et vers de farine. Chaque année elles s’enhardissent un peu plus et elles se chamaillent maintenant sur une bonne moitié du balcon, se perchent un peu partout, y compris sur les boiseries des fenêtres histoire de voir ce qui se passe à l’intérieur:

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Leur timidité, encore perceptible l’an dernier, a laissé la place à une hardiesse incroyable. Quand je viens remplir la mangeoire elles restent maintenant juste à côté au lieu de s’envoler à tire d’ailes. J’ai trouvé une vieille boule de graisse dans un tiroir et pendant que je l’installais elles ont continué à faire la noria entre le platane et la mangeoire, comme si je n’étais pas là, et dès que j’ai refermé la fenêtre elles se sont jetées dessus sans hésiter:IMG_2957

Quel rapport avec les cosmos fanés, me direz-vous? Elles adorent s’y percher, mais surtout elles y prélèvent des fibres, j’imagine pour confectionner des nids (je ne suis pas sûre de ça, mais sans ça je ne vois pas, à moins que ce soit aussi une nourriture pour elles? je l’ignore). Et j’oubliais aussi qu’avant de prélever des fibres le long des tiges, elles ont mangé les graines de cosmos que j’avais laissées, de même qu’elles ont fait un sort aux tomates oubliées sur les pieds rabougris. La nature au sens large, même à l’échelle d’un balcon urbain, a besoin de ce passage ingrat de l’automne, de ces choses assez moches à regarder mais qui ont une fonction autre que décorative. Pour l’instant je les laisse donc et pour faire face à la demande en matière de nourriture, j’ai investi dans une « cabane à pains de graisse » (gras et insectes, miam!) qui a été immédiatement adoptée:

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Constater l’utilité des plantes fanées m’a fait réfléchir à ce que je cherchais finalement à faire avec ce balcon depuis dix ans. Une (petite) partie de moi voudrait avoir le spectacle un peu artificiel d’une nature toujours plaisante à regarder, c’est-à-dire d’un balcon conçu comme les plates-bandes que la mairie installe quatre fois par an en bas de chez moi. Une succession d’annuelles qui apporteraient de la couleur quasiment sans interruption. L’autre partie de moi-même vise, je pense, quelque chose de plus ambitieux et de plus aléatoire (y arriverais-je un jour?), une sorte d’éco-système balconier, où les plantes seraient livrées à elles-mêmes le plus possible, sans toutefois que je perde le goût de monter sur mon balcon et de le regarder avec plaisir. C’est un équilibre assez complexe et je pense que je ne le maîtrise pas encore. La solution de facilité serait de ne planter que des arbustes à feuilles persistantes ou semi-persistantes, comme j’en vois parfois en levant le nez quand je me promène. Mais l’idée ne me satisfait pas car je n’aime pas non plus la monotonie et surtout j’aime bien voir à la fois de la couleur et le passage des saisons, même si l’hiver me semble bien trop long à cette latitude! En réfléchissant à mes cosmos moches l’autre jour et à leur utilité pour d’autres que moi, je me suis dit qu’il y avait peut-être plus de cohérence que je ne le pensais à laisser par exemple le hasard du compost faire pousser des tomates partout, des melons ou des pommes de terres, à donner des trognons de pommes à des merles qui en retour grattent si bien la surface des pots que la terre n’est jamais tassée, ou à laisser les gauras et les cosmos se re-semer tout seuls, ou encore à faire pousser des choses qui se mangent autant que des choses qui s’admirent. J’ai d’ailleurs remarqué que ce qui se sème tout seul sur ce balcon pousse en général bien mieux que ce que je plante moi-même (ainsi les patates, j’y reviendrai dans un prochain article) et je pense que c’est à prendre en compte. N’allez pas croire que c’est la COP-21 qui me met ces idées dans la tête; il s’agit plutôt d’une réflexion générale sur ce que j’attends de ce balcon et sur cet équilibre difficile entre une nature « artificielle » et une nature laissée un peu « libre ». Je ne tire aucune conclusion définitive de cette réflexion, mais nul doute qu’elle guidera en partie mes choix futurs. En attendant, même sur un balcon parisien, on peut aussi admirer le soleil levant:

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et le soleil couchant:IMG_2912 (1)

Et franchement je ne m’en lasse pas.

« Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été »

24 octobre 2015 § 2 Commentaires

En ce moment je suis tout le temps dans l’urgence, comme le lapin blanc d’Alice. Une rentrée universitaire plus calamiteuse que les autres et vlan! tout le planning de travail normal se retrouve réduit à néant, sans parler de mes quelques activités annexes. Et pourtant, rien de plus prenant qu’un balcon d’automne: les feuilles commencent à rougir, à tomber pour certaines et il faut balayer; les fruits et légumes mûrissent encore et il faut les récolter; les fleurs font le dernier spectacle de leur tournée et il faut les admirer. Sur le balcon parisien les sujets d’ébahissement sont nombreux cette année, peut-être même plus que l’année précédente. Je pense que c’est parce que l’été s’est fini en pente douce et que finalement l’automne n’est pas encore vraiment froid (d’ailleurs on ne sait pas comment s’habiller). Le balcon, lui, sait très bien comment se vêtir et à sorti ses tenues les plus colorées. Roses, cosmos, gueules-de-loup, gaura, clématite: tout le monde s’y est mis.

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Il manque aussi une photo de l’abélia, qui a encore ses charmantes clochettes blanches et un feuillage rouille de toute beauté. Pour les cosmos il y a un mystère chez mes cosmos « candy » qui se sont donc re-semés tous seuls cet été: leur couleur. Il y en a des blancs avec un liseré rose pâle à l’extérieur, des blancs avec liseré rose tyrien à l’intérieur, des blancs sans rien, des entièrement tyriens… Comme pour les gueules-de-loup en fait, les cosmos changent de couleur d’une génération à une autre et je viens de l’apprendre!

Les oiseaux ont refait leur apparition sur le balcon, surtout les mésanges dont la gloutonnerie n’a pas diminué pendant l’été. J’ai raccroché ma mangeoire plus en hauteur et mis un reste de graines: ça n’a pas traîné, en quelques heures elles ont retrouvé le chemin du balcon et font du matin au soir la noria entre la glycine et le platane en face. Comme les arbres sont encore très en feuilles, je les entends plus que je ne les vois, mais il m’arrive d’en voir prendre appui sur le ginkgo ou même sur des tiges de cosmos. J’ai entendu à la radio que les oiseaux des villes étaient généralement plus petits que les oiseaux des champs, mais surtout qu’ils avaient du cholestérol (enfin, l’équivalent chez les oiseaux); bref, les pauvres bestioles ne sont pas en très bonne santé car elles picorent nos déchets, qui relèvent plus du burger ou de la pizza que de la graine: que du mauvais gras! Le balcon parisien, sensibilisé au problème de la malbouffe chez les oiseaux, met donc à leur disposition une nourriture adaptée et équilibré dès le début de l’automne!

Dans le genre vorace, j’ai pu observer de ma fenêtre un geai venu déguster en solitaire sur un chapeau de cheminée une amande qu’il avait piquée sur l’un des deux amandiers de ma rue. Pas très adroit, le volatile passait son temps à la faire tomber dans la gouttière, où il allait la rechercher pour tenter de lui faire enfin un sort. Le geai n’est pas un animal opiniâtre, après trois tentatives avortées il a — littéralement — lâché l’affaire, non sans avoir chassé madame geai, qui passait par là et voulait voir s’il y avait moyen de partager. Le geai est donc beau, mais pas très bricoleur et surtout pas très généreux. J’ajouterai que contrairement à d’autres habitants des contrées balconesques, le geai chante comme une casserole. Voici néanmoins quelques photos pas très nettes (mais il était loin et il pleuvait) de cet épisode comique:

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Je terminerai en vous parlant de mes melons. Le reste de mes récoltes étant encore en cours, le bilan définitif attendra, mais pour les melons, c’est fini. Sur cinq fruits, seuls deux sont parvenus à maturité. Enfin plus exactement à l’âge adulte, malgré leur petite taille (une balle de tennis). Voilà à quoi ils ressemblaient à la mi-septembre, cachés sous les feuilles:

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Les feuilles m’empêchaient hélas de voir que celui de gauche était attaqué par une sorte de pourrissement:

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Un examen plus rapproché m’a montré l’ampleur des dégâts:

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A la fin je n’ai donc récolté qu’un seul melon, que le laisse encore mûrir avant de tenter une dégustation…

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Petit mais crédible, non?

L’arroseur et l’arrosé

9 juillet 2015 § 17 Commentaires

Comme le dit bien Laurence, la canicule est assez difficile à supporter pour des plantes de balcon. Impossible d’étendre ses racines pour aller chercher un peu d’eau en profondeur; il faut compter sur l’arrosage. Or, sur un balcon, arroser est un exercice délicat, même quand la chaleur est accablante. Avant de vous parler de mes observation sur l’arrosage en balcon, je vais tout de même vous donner quelques nouvelles et vous résumer les épisodes pré-canicule.

Cette année, les rosiers ont été magnifiques, mais celui qui m’a comblée c’est le « Paul Cézanne », qui vient seulement de se faner. Les coccinelles ne s’y sont pas trompées et l’ont fréquemment visité, même s’il est toujours moins touché que les autres par les pucerons:IMG_2397

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Vous remarquerez que ses zébrures rouges habituelles sont cette année très peu marquées. je n’ai pas d’explication, mais je remarque que les roses apparues les plus tardivement étaient les plus zébrées:IMG_2402

Les cosmos ont pris le relais. Cosmos qui se sont plantés tout seuls et qui sont, cette année, très florifères. J’en profite pour annoncer (surtout à Anne à qui j’en avais promis), que j’en récolte les graines et que je suis prête à en envoyer à qui me donnera son adresse par email (dans la limite des stocks disponibles). Leur couleur est aléatoire, certains sont comme sur la photo et d’autres sont irisés de blanc (pourtant ce sont les mêmes graines de cosmos Candy).IMG_2391

Cette année, le laurier rose, comme tout le reste, a très abondamment fleuri:IMG_2429

 

Je n’ai pas de photos de l’abélia, qui fait en ce moment même le bonheur des abeilles. Avant la canicules, tout était cette année dans une forme olympique, jusqu’à l’euphorbe « petit cyprès », qui ne craint pas trop la chaleur:IMG_2386

Je ferai plus tard une chronique potagère, mais j’aimerais maintenant aborder le problème général de l’arrosage sur un balcon parisien. Le sujet est délicat. Les trois quarts de l’année, le balcon parisien est surtout gorgé d’eau de pluie, sans possibilité de contrôle. Aux plantes de se débrouiller avec ce régime et à elles aussi d’accepter de passer d’un temps où la boisson coule à flot à une période estivale de régime plus sec. La tâche du jardinier parisien est donc de compenser la pluie disparue, mais de le faire en incluant aussi le paramètre de la température. C’est là que ça se corse. Chaleur et humidité forment le cocktail favori de certaines maladies, notamment l’oïdium et les taches noires du rosier. Cette année les miens y ont eu droit: le rosier « Super Fairy » a été attaqué par l’oïdium et beaucoup de ses boutons de rose sont tombés sans fleurir malgré mes pulvérisations de savon noir, et le rosier « Iceberg », couvert de fleurs magnifiques, a été terrassé par les taches noires, dues à un champignon qui prolifère dès que les conditions de chaleur et d’humidité lui sont favorables.IMG_2392Comme je ne veux pas traiter chimiquement, j’ai potassé tout ce que j’ai pu trouver sur le sujet et j’en suis arrivée à la conclusion qu’il fallait combiner le purin d’ortie et une abstinence hydrique, ce que les anglo-saxons appellent « dry rest ». J’ai d’abord enlevé toutes les feuilles attaquées, taillé assez sévèrement la bête, puis j’ai laissé sans arrosage pendant un certain temps. Mais combien de temps? C’est toute la question. Comment savoir s’il reste encore de l’humidité dans un pot? Après moult cogitations et surtout après avoir planté une brochette métallique dans un cake à la banane pour en tester le degré de cuisson, je me suis dit qu’il fallait faire pareil avec mes plantes et c’est désormais à l’aide de tuteurs en bambou que je teste leur humidité. S’ils ressortent de terre humides et couverts d’une terre qui s’accroche un peu, je laisse mon tuyau d’arrosage à sa place, si le tuteur ressort à peu près sec, j’arrose avec mesure. Résultat des courses, mon « Iceberg » a recouvré la santé (lui quand il a besoin d’un arrosage je l’arrose à l’arrosoir avec du purin d’ortie): il a ressorti des feuilles saines et me gratifie même d’une dizaine de roses en bouton! Du coup j’ai mis un peu tout le monde au repos hydrique, sauf le potager et la jardinière des cosmos, qui boivent comme des trous.

On peut trouver étrange de limiter l’arrosage en période de forte chaleur, et effectivement, il faut veiller à ne pas tomber dans un excès préjudiciable. Mais je sais que ma tendance est assez facilement d’arroser trop. Maintenant je réfléchis à deux fois. L’autre problème lié à l’arrosage (et à la composition des sols, notamment en pot) c’est le risque de chlorose. Un sol trop alcalin et c’est la chlorose, mais un sol trop délavé et c’est aussi la chlorose. Parfois elle peut aussi être due à un manque d’arrosage: c’est dire si jardiner en balcon est un art difficile! D’autant plus difficile que les effets de la trop forte chaleur sont similaires à la chlorose: les feuilles jaunissent mais les nervures restent plus longtemps vertes. Dans le cas de la chaleur soudaine, la feuille finit par jaunir totalement et par tomber: la plante limite l’évaporation en se débarrassant de sa surface feuillue. Dans ce cas, on peut facilement être tenté d’arroser à tort et à travers et c’est comme ça qu’on risque d’étouffer les racines: un numéro d’équilibriste!! La bonne réaction (mais j’ai mis longtemps à ne pas paniquer) est de laisser faire la plante tout en ayant un œil sur le degré d’humidité de la terre. Le rosier « Paul Cézanne » s’est ainsi débarrassé d’un tiers de ses feuilles:IMG_2449

Et la glycine prend les mêmes mesures:IMG_2450

Toutes les feuilles jaunes sur cette photo sont aujourd’hui tombées. Bizarrement certaines plantes n’ont pas besoin de prendre des mesures aussi radicales: l’abélia reste droit dans ses bottes et l’althéa aussi, les clématites ne bougent pas non plus. Les gauras, en revanche, quelle que soit leur variété, tombent aussi quelques feuilles lorsqu’il fait chaud:IMG_2451

Autre conséquence de la canicule, j’ai vu revenir mes mésanges qui venaient après chaque arrosage matinal chercher un peu d’eau!

 

Court devant, long derrière

22 mars 2015 § 7 Commentaires

Aujourd’hui malgré plusieurs jours de toux et d’yeux qui coulent à cause de la pollution, je suis sortie tailler les arbres du balcon. Comme l’an dernier à la même époque, au cours du dernier gros pic de pollution, j’ai remarqué ces derniers jours que les oiseaux, d’habitude très nombreux dans le coin, disparaissent totalement, à l’exception de quelques pigeons. C’est assez flippant de constater cet effet immédiat de la pollution chez des oiseaux pourtant parisiens. Aujourd’hui, j’ai vu un merle et deux ou trois mésanges affamées.

Bravant donc la pollution, j’ai taillé en suivant à la lettre les conseils avisés de ma mère, experte internationalement reconnue en la matière! J’ai commencé par l’amandier. Elle me conseillait une coupe plutôt militaire: enlever une magnifique branche qui penchait trop vers le bas et vers la droite et déséquilibrait tout l’arbre. Radical! Mais nécessaire. Le voilà donc rectifié pour son bien:

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L’olivier devait lui aussi subir le même sort, sa tignasse devenant trop abondante. Vous allez pouvoir le voir avant et après:IMG_1874

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Violent mais nécessaire pour lui aussi. Je n’ai pas fait que des coupes artistiques, j’ai aussi mis du fumier Or Brun un peu partout (mais il me faut un sac supplémentaire) et rempoté le marronnier poussé clandestinement au pied de la glycine:

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La glycine continue de faire grossir ses boutons de fleurs, le retour du froid a un peu ralenti le mouvement, mais c’est pour bientôt:IMG_1917

Les tulipes s’annoncent aussi. C’est le printemps, il est temps de faire un effort!IMG_1914

 

La variété au liseré blanc (dont j’ai oublié le nom) a été plantée plus profond, elle est donc plus en retard… J’espère qu’elle va fleurir.

Les petits géraniums vivaces sauvés d’une mort certaine la semaine dernière se portent à merveille et grossissent lentement mais sûrement:IMG_1922

Mais pour l’instant la seule fleur de ce balcon à fêter dignement l’arrivée du printemps c’est la scabieuse noire « Chile Black » (je dis « la » car il n’y en a qu’une):IMG_1916

 

Buffet à volonté

12 mars 2015 § Poster un commentaire

Sauf contre-ordre, la température ne devrait pas baisser trop brutalement dans les semaines à venir. On n’est jamais à l’abri d’un coup de froid, mais l’hiver est derrière nous. Les mésanges profitent donc des derniers jours de buffet gratuit avant l’hiver prochain. Elles ne mourront pas de faim, les insectes sont de retour! Le merle a depuis quelques jours cessé de retourner la terre de mes pots, je suppose qu’il a dû trouver son bonheur ailleurs, où qu’il attend mes nouveaux pieds de fraises. Et il leur restera toujours les trognons de pommes et de poires que je jette pour le compost un peu partout. Tout à l’heure, après une bonne partie de la journée passée dans mon bureau plein nord à travailler, je suis sortie au soleil sur le balcon et mes copines les mésanges bleues sont venues se goberger sans même faire attention à moi. J’ai remarqué qu’elles ne sont pas très farouches et quand un intrus tente de leur siphonner leur garde-manger (les pigeons surtout, qui arrivent toujours à tendre le cou alors même que j’ai déplacé la mangeoire en hauteur), elles attendent placidement que je lui fasse la chasse pour revenir se nourrir comme si je n’étais pas là.

C’est tellement vrai que j’ai pu faire quelques photos très printanières:

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 Et sinon, j’ai retrouvé une info intéressante: fin mars 2012, l’amandier mesurait à peine une dizaine de centimètres, nostalgie! Voyez plutôt.

C’est reparti pour un tour!

7 mars 2015 § 7 Commentaires

On ne peut pas dire que l’hiver qui va bientôt finir ait été particulièrement dur cette année pour le balcon, en revanche mon vrai boulot m’a pris (et me prend encore)  la majeure partie de mon temps ce qui fait que j’ai été contrainte de délaisser non seulement cette chronique balconnière mais aussi les travaux d’hiver que j’aurais dû accomplir. D’ailleurs il ne faudrait pas que cet engloutissement dans le travail devienne une habitude; il est très pénible d’être transformée en lapin blanc d’Alice au Pays des merveilles, toujours en retard pour tout, à courir partout, mais tel est mon quotidien en ce moment. Pendant que je délaisse le balcon (enfin, n’exagérons rien, je le couve, ne le quitte pas des yeux!), d’autres s’en occupent, comme le merle, qui laboure avec ardeur, ou les mésanges, qui descendent les graines de tournesol à une vitesse prodigieuse, et même un moineau solitaire qui vient depuis quelques semaines récupérer les graines que les mésanges font tomber dans leur gloutonnerie (car le moineau ne mange qu’au sol). Mais là, force est de le constater, les jours rallongent, il fait plutôt beau (à part les averses de grêle) et le balcon donne des signes de réveil qui vont me pousser à agir.

Parmi ces signes, une grande nouvelle, une première mondiale: l’amandier est en fleur! Oui l’amandier planté par les pigeons, celui que vous avez connu tout bébé. Je n’aurais jamais cru qu’il puisse fleurir aussi vite, à n’en pas douter je vais bientôt pouvoir ajouter la production d’amandes à mon palmarès agricole!! Laissez couler une larme d’émotion, voici déjà les fleurs:IMG_1860

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L’amandier qui a donné naissance au mien est d’ailleurs en fleur cinq étages plus bas, mais je suis ravie de voir enfin ce signe tangible de l’arrivée du printemps d’aussi près. Les mésanges adorent cette amandier, qui leur sert de perchoir privilégié avec vue imprenable sur le grenier à grain!

Les fleurs de l’amandier ne sont pas les seules fleurs du balcon parisien en ce moment, mais il faut tout de même reconnaître que ce n’est pas la foule des grands jours. Contrairement à ce qui se passe chez Laurence et chez Lilas, mes deux pieds d’hellébore sont en grève illimitée du fleurissement depuis plusieurs années et j’ai décidé de les arracher pour les mettre ailleurs (pour voir si le choc du déménagement les pousse à fleurir). En revanche, les iris bleus de Hollande ont fait plein de fleurs cette année. Je les laisse vivre, eux aussi sont un peu capricieux et à la moindre contrariété ils disparaissent!IMG_1862

Il y a du nouveau aussi chez les tulipes achetées à la dernière minute. Pas encore de fleurs, mais elles poussent de façon tout à fait encourageante, alors je croise les doigts. La photo ci-dessous date déjà d’une dizaine de jours, elles ont encore poussé depuis, mais j’attends les fleurs pour en prendre d’autres.

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Pour vous donner une idée de ma négligence, voici ce qu’il me reste à faire avant que tout ne reparte pour de bon:

1) vider le gros pot du rosier « sourire d’orchidée »

2) planter le rosier Iceberg à la place

3) tailler l’olivier

4) vider encore trois jardinières au moins

5) acheter du terreau par quintaux entiers pour remplir tout ça

6) acheter des plantes (la passiflore rouge est de nouveau disponible!!!), et surtout des nouveaux fraisiers (pour le merle!)

7) donner un plus grand pot à l’érable du Japon

8) Il y a forcément d’autres choses, mais face à cette simple liste je défaille déjà.

Où suis-je ?

Entrées taguées mésanges sur balconparisien.