Murder, she wrote

23 juillet 2015 § 6 Commentaires

Autant l’avouer, je suis la Lady Macbeth des balcons parisiens. J’ai du sang sur les mains. Il fallait bien que ça arrive un jour d’ailleurs et ce n’est pas la première fois. Depuis quelque temps déjà je voyais bien à certains signes qu’un incident était imminent. Des plantes piétinées sans ménagement; d’abord au pied du grand buis, puis dans la jardinière de lavande. Des brindilles disposées à des endroits stratégiques. Quelques démonstrations de force avaient mis un terme à ces agissements, mais le répit ne fut que provisoire. Au début, je n’ai pas prêté attention à l’aspect un peu avachi du géranium Johnson Blue qui, pour une raison mystérieuse, ne s’est jamais vraiment accommodé de sa colocation forcée avec la glycine. Les pieds de melon (qui feront l’objet d’un article à venir, mais oui cette année des melons poussent sur le balcon parisien!) couraient en rampant vers la grille du balcon, mais c’est ce que font traditionnellement les melons de balcon (enfin, les melons en général). Il faut dire aussi qu’il est très difficile de voir quelque chose dans la jungle luxuriante qu’est devenu ce coin du balcon, entre l’abélia (qui a doublé de volume) et surtout les tomates, qui font quasiment un mètre de hauteur avec des feuilles immenses. Toujours est-il qu’à mon retour, après une semaine Outre-Manche, j’ai fini par remarquer une forme de couleur inhabituelle au pied de la glycine. C’était elle! Celle qui tournait autour du balcon depuis des jours en attendant le moment opportun. Tapie à l’abri de la forêt de tomates géantes.IMG_2647Je n’ai pas compris tout de suite. Et puis, mes gesticulations bruyantes ne la faisant pas bouger d’un millimètre, l’effrayante réalité s’est imposée: elle avait nidifié! L’odieuse machination était en train de porter ses fruits. C’est un problème propre aux balcons urbains. Souvenez-vous, j’en avais déjà parlé (voir l’article « Silent enemy ») et il y a quelques années, dans un précédent appartement, une jardinière de romarin avait été squattée pendant les vacances d’été.

Taraudée par mon instinct maternel, j’ai hésité. Pauvre pigeonne. Mais très vite la raison a repris le dessus et l’envie de conserver le nid et d’observer la naissance de pigeonneaux (après tout, je ne me lasse pas d’observer mes mésanges) a vite laissé la place à des scènes atroces dans lesquelles des roucoulements incessants accompagnaient une production industrielle de fiente de rat volant sur une rambarde que j’avais repeinte moi-même l’an dernier. Légèrement rongée par la culpabilité (tout de même) j’ai lu à droite et à gauche ce que je pouvais trouver sur la question, et une information a précipité la décision fatale: une fois confortablement installé sur un coin de balcon à son goût, le couple de pigeon y revient tous les ans jusqu’à ce que mort s’ensuive! Bigre. Il fallait donc agir vite et couper à la mère éplorée toute envie de revenir sur le balcon de la mort.

Elle ne s’est pas laissée déloger facilement. Sans doute concentrée sur la ponte d’un autre œuf, elle s’est d’abord reculée un peu (pile sur mes pieds de melons, que l’on aperçoit un peu derrière elle):IMG_2651

 

Un seul œuf! Je prenais donc le mal à la racine, car les pigeonnes en pondent en général trois. Il a fallu du temps pour qu’elle décampe et une fois partie j’ai pris l’œuf et le nid, rapatrié les tiges rampantes de melon vers l’intérieur et hérissé la zone de baguettes en bois.IMG_2644

Je dois avouer que mes derniers scrupules se sont évanouis lorsque je me suis rendu compte que j’avais affaire à des pigeons amateurs et pas à des professionnels de la ponte. Non seulement leur nid ne ressemblait pas à grand chose et n’aurait guère protégé la couvée de l’humidité (car si j’avais décidé de garder le nid et les œufs j’aurais arrosé, fatalement), mais en plus, toute à mon entreprise meurtrière, je suis tombée par hasard sur un autre œuf, pondu littéralement n’importe où par la mère inconsciente et peu au fait des règles élémentaires de la reproduction aviaire:IMG_2652

Quelle idiote cette pigeonne! Était-il raisonnable de la laisser devenir mère de trois pigeonneaux? Je vous laisse juge!

 

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Nature et culture

14 mai 2015 § 7 Commentaires

Tout à l’heure en prenant mon café, avant que la pluie n’arrive, j’ai encore repéré deux plants de tomate qui poussaient tranquillement au pied du rosier « Sourire d’Orchidée » et je me suis dit qu’il fallait que je parle d’un phénomène qui m’intéresse tout particulièrement dans la vie de ce balcon parisien: le partage de territoire entre ce que je plante et ce que la nature plante. Plusieurs cas de figure se présentent:

1) Des plantes plantées par moi échappent à leur jardinière et colonisent l’espace vital de leurs voisines. C’était le cas problématique de l’euphorbe « petit cyprès » qui avait envahit de manière très agressive le pot d’Armande, et qu’il ne faut jamais laisser prospérer. C’est aussi le cas (en moins dramatique) de l’ancolie. J’en avais planté deux variétés, une rouge très sombre et une double rose très pâle. La seconde a disparu (hélas) et la première n’existe plus du tout dans sa jardinière d’origine, mais se retrouve au pied de l’abélia, au coude à coude avec la lavande papillon dans une autre jardinière et plus fort encore dans une jardinière qui se trouve sur cour, de l’autre côté de l’appartement!

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IMG_2112Dans la première photo, on aperçoit aussi une gueule de loup, une fleur d’érigeron et un pied de benoîte qui n’est pas encore en fleur. La lavande est la seule à avoir été dûment plantée. La gueule de loup fait partie de conquérantes, avec une variation de couleur imprévisible. Rose orangée au pied de la lavande, elle est presque fuchsia au pied de l’abélia (il faut me croire, le rendu des couleurs n’est pas optimum):IMG_2085

IMG_2097mais elle est carrément jaune pâle (je déteste les gueules de loup jaunes, mais bon) sur la fenêtre de la cuisine, où elle partage le pot d’un genre de coronille :IMG_2114Cette dernière appartient d’ailleurs à un autre cas de figure:

2) La plante que je n’ai jamais plantée et qui est venue toute seule (il me semble que j’avais récupéré des graines de gueules de loup chez ma belle-mère, donc la gueule de loup appartient à la catégorie 1). L’exemple le plus célèbre est celui de l’amandier, mais il y en a d’autres. La coronille est ainsi tombée du ciel au pied du rosier « Paul Cézanne » (alors côté cuisine), est morte le jour où je lui ai enlevé son compagnon, puis est ressuscitée. Elle se porte aujourd’hui à merveille et elle a retrouvé une copine de pot. Les jardinières côté cour sont d’ailleurs celles qui accueillent le plus de plantes clandestines. On voit plus haut dans la jardinière où s’épanouit le beau pied d’ancolie, une lavande normale (elle, je l’avais plantée) qui survit tant bien que mal (attaquée régulièrement par les immondes cochenilles « balais à franges » que j’enlève régulièrement à la main), et des érigerons, arrivées aussi du balcon principal. Juste à côté, un pot qui contenait à l’origine un hortensia de l’Himalaya que j’avais planté, contient désormais une fille de la lavande, une fille de l’ancolie et des érigerons. Je crois que l’hortensia, que j’aurais dû retirer du pot l’an dernier, est mort. Dans le genre « tombé du ciel » le balcon compte également sur cour une vigne vierge de Virginie (cinquefolia) et côté balcon une vigne vierge trilobée (parthenocissus)! Plus récemment, j’ai découvert que dans une jardinière de gauras s’est invitée une plante mystère, dont les feuilles et les tiges (elle lance de longues tiges, aucune floraison en vue pour le moment) me font vaguement penser à un chèvrefeuille. Si quelqu’un arrivait à l’identifier, ça me rendrait bien service, la voici:IMG_2099

3) Les plantes que je n’ai pas vraiment plantées mais qui ne sont pas venues d’ailleurs non plus puisqu’elles sont issues du compost. J’ai évoqué les tomates de cette année (il faut croire qu’on en a beaucoup mangé l’été dernier) et bien sûr les pommes de terre de l’an dernier, qui ont défrayé la chronique balconnière… voici d’ailleurs leurs filles:IMG_2067

 

Un petit bouquet

11 juin 2013 § 16 Commentaires

Il n’y a pas que des plantes mystérieuses sur le balcon, les autres ne se portent pas si mal et fleurissent finalement. Après bien des hésitations quant à la forme des fleurs (trop de pétales, tête baissée), le rosier « Sourire d’orchidée » a décidé de revenir aux fondamentaux et s’est couvert d’un nuage de fleurs magnifiques, qui sont celles qu’on lui connaît en temps normal:

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Les gauras aussi sont enfin en fleurs. Enfin pas tous, certains se sont développés plus vite que d’autres. La variété la plus foncée (fleurs rose fuchsia et feuilles rouge foncé) est celle qui est en fleur en ce moment:

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Sur la photo qui suit, on voit bien que les autres gauras (fleurs rose pâle et feuilles vertes) sont à la traîne malgré des tiges beaucoup plus élancées:

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En fleurs, il y a aussi la petite verveine dont je n’avais pas encore parlée. Quand les benoîtes ont commencé à s’ouvrir (les Mrs Bradshaw font des fleurs rouge vif), je me suis subitement rendu compte qu’elles n’allaient pas du tout avec les pensées mauves et jaunes que j’avais plantées dans la même jardinière (la faute de goût totale, l’échec absolu comme dirait mon fils aîné). Ni une ni deux: j’ai acheté deux pieds de verveine et j’ai déplacé les pensées dans un pot gigantesque qu’elles occupent seules (pour le moment, parce que j’ai planté du lin).

P1050421Pour finir, l’hortensia de l’Himalaya n’est pas encore en fleur mais les boutons sont là et bien là et je peux affirmer qu’il n’en a jamais eu autant!! Sur la photo, on le voit dans son habitat naturel, c’est-à-dire au milieu de la colonie de lavande, dont les fleurs commencent aussi à s’ouvrir. En fait, je ne l’ai pratiquement pas taillé cette année, alors que je faisais des coupes radicales avant… c’est peut-être l’explication: à l’avenir je vais tâcher d’avoir la main un peu moins lourde!

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Le come-back des bestioles

6 juin 2013 § 16 Commentaires

Le retour des beaux-jours (avec la menace permanente d’un retour à l’ère glacière) se manifeste diversement sur le balcon parisien. D’abord j’avais un peu oublié qu’il fallait arroser… j’ai donc arrosé ce soir et fait ma petite tournée habituelle. La bonne nouvelle c’est que les abeilles et autres bourdons sont revenus. Ils ont mis le temps, mais il faut dire qu’il n’y avait pas grand chose à butiner non plus. J’en ai vu un tellement glouton que non seulement il était encore là le temps que j’aille chercher le Lumix, mais il plongeait tête la première dans cette appétissante gueule de loup, jusqu’à disparaître presque corps et âme:

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Beaucoup moins drôle en revanche, en plus des pucerons déjà évoqués, je note le grand retour des balais à frange. Non seulement leur retour mais également leur dissémination, puisqu’ils sont passés du buis à la jardinière de lavande. D’une certaine façon c’est en quelque sorte un juste retour des choses puisque les lavandes ont colonisé absolument tous les pots à leur portée et même au-delà. Mais tout de même. Ces bestioles-là me dégoûtent. J’ai donc entrepris de les écraser une par une entre mes doigts vengeurs. Ne jamais oublier de mettre des gants ou de prendre un kleenex, tel est le principal enseignement à retenir de cette opération commando: ces immondes cochenilles giclent en orange!

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Evidemment, le buis en est de nouveau couvert, mais là je crois que je vais jeter l’éponge et probablement le buis aussi. Marre à la fin!

Travaux du jour

22 avril 2013 § 8 Commentaires

Je les avais déjà depuis quelques jours et je n’avais pas eu le temps de les replanter, même ce week-end. En fin d’après-midi je n’ai pas résisté: je me suis fait un thé et j’ai pris mes gants de jardinage. J’avais acheté deux pieds de pensées (j’adoooore les pensées) et j’ai décidé de les replanter avec les benoîtes « Mrs Bradshaw » qui avaient vraiment besoin de nouvelle terre et de changement de décor. Ce sont des pensées à fleurs relativement petites, mes préférées:

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Bon évidemment en macro elles font énormes, mais en vrai elles sont petites. Les benoîtes commencent à avoir des boutons de fleur. Elles font parties de ces plantes qui vous colonisent facilement un balcon, comme les ancolies ou les gueules de loup. D’ailleurs, en travaillant sur le balcon je me suis rendue compte que j’avais un pot oublié dans un coin et dans lequel poussaient un althéa, une gueule de loup et deux lavandes. Attention, c’est minusculissime, le pot doit faire à tout casser 8cm de diamètre:

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Je vais leur offrir un pot plus grand mais les laisser ensemble!

Sinon, j’ai remarqué avec angoisse que mon bougainvillier, que j’ai ressorti puisqu’il fait relativement bon dans la journée (mais encore 6°C ce matin tout de même), présentait des décolorations subites (du jour au lendemain quasiment). Je n’ai pas d’explication (le froid?), mais je pense que le pronostique vital est engagé…

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On dirait des voiles de lin froissé… c’est assez joli mais franchement ça ne pousse guère à l’optimisme. La clématite armandii a presque fini sa floraison. C’est vraiment un déjeuner de soleil, en revanche elle fait des tiges partout.

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Juste devant elle, le géranium macrorhizum est en train de changer doucement de couleur. J’attends ses premières fleurs avec impatience:

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Au Nord, c’était le balcon

17 juin 2012 § Poster un commentaire

Je profite de ce que ma soupe mijote pour rajouter quelques photos avant de plonger dans ma semaine de la mort: boulot à fond + dîner des CM2 (qu’est-ce qu’il m’a pris de dire que, oui bien sûr, je pouvais faire trois plats de lasagnes au saumon?)+ répétition au conservatoire+ deux concerts+fête de l’école sur deux jours… Bref, sur les rebords de fenêtre plein nord certaines plantes poussent aussi ou repoussent après quelques semaines entre la vie et la mort. Ainsi mon hortensia de l’Himalaya, qui refleurit après un an de bouderie. Il a la particularité de ne faire de vraies fleurs que sur la couronne, le centre du bouquet étant constitué de toutes petites inflorescences duveteuses. Mais voyez plutôt:

Toujours au Nord, mais on dirait le Sud, le champs de lavande est de retour aussi:

Bon, évidemment, mon champ est sous la pluie et il manque aussi le bruit des cigales… mais quelques abeilles se font avoir et viennent quand même y butiner.

 

The darling buds of May

1 mai 2012 § Poster un commentaire

J’ai bien conscience que le titre de ce post va sembler bien obscur aux gens qui ne vivaient pas en Angleterre au début des années 90, mais ce n’est pas grave. Il faut de temps à autre accepter de rester incomprise.

Or donc, le mois de mai vient d’apporter un frémissement de soleil sur le balcon parisien. Il était temps, car quelques jours avant, le vent avait bien déchiqueté les feuilles du ginkgo et de la glycine et le balcon avait un air misérable. Aujourd’hui, les abeilles ont fait un grand retour et on voit ça et là certains signes d’une reprise, même si pour l’instant on doit encore parler de croissance molle.

Reines du balcon cette année, les clématites sont en train de s’ouvrir (enfin, la bleue et la rose qui pousse avec le rosier… l’autre refuse de fleurir. Il va d’ailleurs falloir que je la taille méchamment):

On dirait presque un perce-neige!

Les benoîtes, que j’avais données pour mortes à la fin de l’été dernier et que j’avais eu la flemme d’enlever, repartent comme en 14. Enfin, pour l’instant un seul pied est en fleur mais les autres pieds sont bien verts:

Au pied de la glycine, le géranium Johnson Blue relève la tête et sort les premières fleurs:

 

Pendant ce temps là, dans les différents pots et jardinières colonisées au fil des ans, les ancolies pourpres fleurissent aussi. Je me dis parfois que j’en mettrais bien d’autres, avec d’autres couleurs, et puis finalement je crois que trop d’ancolies tuerait l’ancolie.

De l’autre côté, sur le petit balconnet de la salle de bain, la lavande lance timidement quelques boutons ça et là, mais elle m’a l’air bien partie pour en être couverte dès qu’il fera franchement beau (surtout que ce balcon là est quasi plein nord):

 

Sinon, autre nouvelle, j’ai (je crois) percé à jour l’identité de la plante mystérieuse qui poussait au pied de mon nano-amandier. Il s’agit tout bonnement d’un fraisier, ce qui n’est pas très étonnant puisque j’ai retiré l’amandier de la jardinière de fraises. J’ai du embarquer une graine ou un bout de racine ou je ne sais quoi qui s’est trouvé suffisamment à l’aise pour pousser. J’hésite sur la marche à suivre: arrachage pour laisser à l’amandier tout le pot, ou attentisme lâche.

Où suis-je ?

Entrées taguées lavande sur balconparisien.