« Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été »

24 octobre 2015 § 2 Commentaires

En ce moment je suis tout le temps dans l’urgence, comme le lapin blanc d’Alice. Une rentrée universitaire plus calamiteuse que les autres et vlan! tout le planning de travail normal se retrouve réduit à néant, sans parler de mes quelques activités annexes. Et pourtant, rien de plus prenant qu’un balcon d’automne: les feuilles commencent à rougir, à tomber pour certaines et il faut balayer; les fruits et légumes mûrissent encore et il faut les récolter; les fleurs font le dernier spectacle de leur tournée et il faut les admirer. Sur le balcon parisien les sujets d’ébahissement sont nombreux cette année, peut-être même plus que l’année précédente. Je pense que c’est parce que l’été s’est fini en pente douce et que finalement l’automne n’est pas encore vraiment froid (d’ailleurs on ne sait pas comment s’habiller). Le balcon, lui, sait très bien comment se vêtir et à sorti ses tenues les plus colorées. Roses, cosmos, gueules-de-loup, gaura, clématite: tout le monde s’y est mis.

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Il manque aussi une photo de l’abélia, qui a encore ses charmantes clochettes blanches et un feuillage rouille de toute beauté. Pour les cosmos il y a un mystère chez mes cosmos « candy » qui se sont donc re-semés tous seuls cet été: leur couleur. Il y en a des blancs avec un liseré rose pâle à l’extérieur, des blancs avec liseré rose tyrien à l’intérieur, des blancs sans rien, des entièrement tyriens… Comme pour les gueules-de-loup en fait, les cosmos changent de couleur d’une génération à une autre et je viens de l’apprendre!

Les oiseaux ont refait leur apparition sur le balcon, surtout les mésanges dont la gloutonnerie n’a pas diminué pendant l’été. J’ai raccroché ma mangeoire plus en hauteur et mis un reste de graines: ça n’a pas traîné, en quelques heures elles ont retrouvé le chemin du balcon et font du matin au soir la noria entre la glycine et le platane en face. Comme les arbres sont encore très en feuilles, je les entends plus que je ne les vois, mais il m’arrive d’en voir prendre appui sur le ginkgo ou même sur des tiges de cosmos. J’ai entendu à la radio que les oiseaux des villes étaient généralement plus petits que les oiseaux des champs, mais surtout qu’ils avaient du cholestérol (enfin, l’équivalent chez les oiseaux); bref, les pauvres bestioles ne sont pas en très bonne santé car elles picorent nos déchets, qui relèvent plus du burger ou de la pizza que de la graine: que du mauvais gras! Le balcon parisien, sensibilisé au problème de la malbouffe chez les oiseaux, met donc à leur disposition une nourriture adaptée et équilibré dès le début de l’automne!

Dans le genre vorace, j’ai pu observer de ma fenêtre un geai venu déguster en solitaire sur un chapeau de cheminée une amande qu’il avait piquée sur l’un des deux amandiers de ma rue. Pas très adroit, le volatile passait son temps à la faire tomber dans la gouttière, où il allait la rechercher pour tenter de lui faire enfin un sort. Le geai n’est pas un animal opiniâtre, après trois tentatives avortées il a — littéralement — lâché l’affaire, non sans avoir chassé madame geai, qui passait par là et voulait voir s’il y avait moyen de partager. Le geai est donc beau, mais pas très bricoleur et surtout pas très généreux. J’ajouterai que contrairement à d’autres habitants des contrées balconesques, le geai chante comme une casserole. Voici néanmoins quelques photos pas très nettes (mais il était loin et il pleuvait) de cet épisode comique:

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Je terminerai en vous parlant de mes melons. Le reste de mes récoltes étant encore en cours, le bilan définitif attendra, mais pour les melons, c’est fini. Sur cinq fruits, seuls deux sont parvenus à maturité. Enfin plus exactement à l’âge adulte, malgré leur petite taille (une balle de tennis). Voilà à quoi ils ressemblaient à la mi-septembre, cachés sous les feuilles:

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Les feuilles m’empêchaient hélas de voir que celui de gauche était attaqué par une sorte de pourrissement:

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Un examen plus rapproché m’a montré l’ampleur des dégâts:

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A la fin je n’ai donc récolté qu’un seul melon, que le laisse encore mûrir avant de tenter une dégustation…

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Petit mais crédible, non?

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Nature et culture

14 mai 2015 § 7 Commentaires

Tout à l’heure en prenant mon café, avant que la pluie n’arrive, j’ai encore repéré deux plants de tomate qui poussaient tranquillement au pied du rosier « Sourire d’Orchidée » et je me suis dit qu’il fallait que je parle d’un phénomène qui m’intéresse tout particulièrement dans la vie de ce balcon parisien: le partage de territoire entre ce que je plante et ce que la nature plante. Plusieurs cas de figure se présentent:

1) Des plantes plantées par moi échappent à leur jardinière et colonisent l’espace vital de leurs voisines. C’était le cas problématique de l’euphorbe « petit cyprès » qui avait envahit de manière très agressive le pot d’Armande, et qu’il ne faut jamais laisser prospérer. C’est aussi le cas (en moins dramatique) de l’ancolie. J’en avais planté deux variétés, une rouge très sombre et une double rose très pâle. La seconde a disparu (hélas) et la première n’existe plus du tout dans sa jardinière d’origine, mais se retrouve au pied de l’abélia, au coude à coude avec la lavande papillon dans une autre jardinière et plus fort encore dans une jardinière qui se trouve sur cour, de l’autre côté de l’appartement!

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IMG_2112Dans la première photo, on aperçoit aussi une gueule de loup, une fleur d’érigeron et un pied de benoîte qui n’est pas encore en fleur. La lavande est la seule à avoir été dûment plantée. La gueule de loup fait partie de conquérantes, avec une variation de couleur imprévisible. Rose orangée au pied de la lavande, elle est presque fuchsia au pied de l’abélia (il faut me croire, le rendu des couleurs n’est pas optimum):IMG_2085

IMG_2097mais elle est carrément jaune pâle (je déteste les gueules de loup jaunes, mais bon) sur la fenêtre de la cuisine, où elle partage le pot d’un genre de coronille :IMG_2114Cette dernière appartient d’ailleurs à un autre cas de figure:

2) La plante que je n’ai jamais plantée et qui est venue toute seule (il me semble que j’avais récupéré des graines de gueules de loup chez ma belle-mère, donc la gueule de loup appartient à la catégorie 1). L’exemple le plus célèbre est celui de l’amandier, mais il y en a d’autres. La coronille est ainsi tombée du ciel au pied du rosier « Paul Cézanne » (alors côté cuisine), est morte le jour où je lui ai enlevé son compagnon, puis est ressuscitée. Elle se porte aujourd’hui à merveille et elle a retrouvé une copine de pot. Les jardinières côté cour sont d’ailleurs celles qui accueillent le plus de plantes clandestines. On voit plus haut dans la jardinière où s’épanouit le beau pied d’ancolie, une lavande normale (elle, je l’avais plantée) qui survit tant bien que mal (attaquée régulièrement par les immondes cochenilles « balais à franges » que j’enlève régulièrement à la main), et des érigerons, arrivées aussi du balcon principal. Juste à côté, un pot qui contenait à l’origine un hortensia de l’Himalaya que j’avais planté, contient désormais une fille de la lavande, une fille de l’ancolie et des érigerons. Je crois que l’hortensia, que j’aurais dû retirer du pot l’an dernier, est mort. Dans le genre « tombé du ciel » le balcon compte également sur cour une vigne vierge de Virginie (cinquefolia) et côté balcon une vigne vierge trilobée (parthenocissus)! Plus récemment, j’ai découvert que dans une jardinière de gauras s’est invitée une plante mystère, dont les feuilles et les tiges (elle lance de longues tiges, aucune floraison en vue pour le moment) me font vaguement penser à un chèvrefeuille. Si quelqu’un arrivait à l’identifier, ça me rendrait bien service, la voici:IMG_2099

3) Les plantes que je n’ai pas vraiment plantées mais qui ne sont pas venues d’ailleurs non plus puisqu’elles sont issues du compost. J’ai évoqué les tomates de cette année (il faut croire qu’on en a beaucoup mangé l’été dernier) et bien sûr les pommes de terre de l’an dernier, qui ont défrayé la chronique balconnière… voici d’ailleurs leurs filles:IMG_2067

 

Fermeture estivale

2 août 2014 § 7 Commentaires

Enfin les vacances approchent. Jamais je ne les aurai attendues avec autant d’impatience! Dans quelques jours, le balcon parisien sera confié aux bons soins de la fée des balcons. Quelques nouvelles pour vous faire patienter jusqu’à la rentrée…

D’abord des nouvelles de l’araignée. Elle avait disparu, mais je crois l’avoir retrouvée (doublée de volume) ou alors c’en est une autre, mais j’ai quand même l’impression que c’est la même en plus grosse:IMG_1234 Je ne peux pas dire que je raffole des araignées, mais j’espère vaguement qu’elles bouffent les moustiques qui en général m’adorent et pullulent à Paris en ce moment. Enfin, ma mère m’a toujours dit que les petites bêtes ne mangeaient pas les grosses (ce qui est totalement faux) et que les araignées étaient utiles (contrairement aux moustiques) ce que je suis prête à croire. Cette année en tout cas, on va dire que c’est la mascotte du balcon (en attendant le retour des mésanges, qui ont moins de poils et des mandibules moins acérées).

Sinon, pour me montrer à quel point j’avais tort de me lamenter il y a peu sur l’état déliquescent du balcon parisien, il y a des nouveautés à foison. Un petit panorama de notre collection d’été:

D’abord les pois de senteur. Fidèles à leur nom, ils sentent divinement, mais je ne devrais pas les mettre au pluriel, une seule graine à germé sur tout mon paquet:IMG_1246

Toujours dans les mêmes tons, mais moins odorantes, les roses trémières sont de retour, fidèles au poste:IMG_1225Et les anémones du Japon (incontestablement, avec les gauras, la plus belle réussite du balcon parisien) sortent discrètement leurs petits télescopes:IMG_1231

 

Les rosiers aussi refont des roses. Je ne sais pas s’il s’agit d’un dernier baroud d’honneur ou si c’est que le temps leur convient (elles ne sont pas difficiles…), mais le rosier « Paul Cézanne » (anciennement connu sous le nom de « Camille Pissaro » ou plus simplement « rosier jaune »), ravi de son nouveau pot est à nouveau couvert de boutons; même chose pour le rosier « Iceberg », que j’ai finalement rempoté et qui me voue depuis lors une reconnaissance éternelle et des fleurs aussi sur le « Sourire d’orchidée », même si j’ai bien peur que là ce soit un peu un bouquet final avant disparition définitive, ce qui serait un crève-cœur car je suis toujours bouche-bée devant la beauté et la simplicité de ses fleurs:

 

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La glycine ne veut pas être en reste et sort une grappe de fleurs (elle en sortira peut-être d’autres en mon absence, mais c’est déjà une satisfaction):

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Dans un petit pot, tellement petit que je l’oublierais presque quand j’arrose, les deux boutures de jasmin données par ma belle-mère grandissent gentiment (avec des gueules de loup squatteuses):IMG_1239

Côté potager… C’est un peu la cata. Le point positif c’est qu’après une bonne taille pour enlever les branches mortes, les deux pots de framboisiers sont couverts de boutons de fleurs: deuxième récolte magnifique en perspective. Cette année sera celle de la framboise (et de la patate, quand même!), pas celle des fraises, même si de nouvelles sont en préparations aussi. J’ai arraché un pied de courgette qui a crevé, l’autre a l’air de se porter un peu mieux, mais persiste à ne préparer que des fleurs mâles. Ce sera mon défit pour l’an prochain. Le temps n’est pas très favorable je pense, mais peut-être que j’ai aussi du mal à m’habituer au bac-sac (je trouve plus difficile d’arroser correctement, déjà qu’avec un pot normal c’est quand même ça le plus dur sur un balcon, mais avec le bac-sac, pour l’instant je tâtonne ). Les tomates (semis ratés cette année, mais deux pieds ont survécu) font enfin des fleurs… en croisant les doigts j’aurais deux ou trois tomates cette année!IMG_1226

Last but not least, le ginkgo, sans doute rongé par la culpabilité, me refait le même coup que l’an dernier et sort une nouvelle collection de feuilles bien vertes. À mon retour je vais prendre ma perceuse et trouer le fond de son pot comme une passoire, mais en attendant j’ai donné instruction de le laisser crever de soif et de n’arroser que quand le pied de gueules de loup énorme qui pousse au pied aura l’air de vouloir boire. Evidemment, je ne peux pas empêcher qu’il pleuve. Alea Jacta est! Pour l’instant, il est moche, mais vivant…

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Je vous laisse momentanément et j’en profite pour remercier non seulement les copines qui me laissent leurs commentaires bienveillants et leurs encouragements, mais aussi tous les visiteurs silencieux de France, du Canada, des États-Unis, d’Espagne, de Belgique, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal, de Russie, de Pologne, Du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, de Malte, de Guyane, des Antilles et de tout un tas de pays lointains que j’oublie sans doute de nommer mais que je n’oublie pas de remercier!

Ailleurs sur le balcon…

27 juin 2012 § 4 Commentaires

Maintenant que rosiers et clématites sont défleuris, d’autres plantes ont pris vaillamment le relai de la floraison. Outre les cosmos et les roses trémières  qui s’annoncent et sans parler des gueules de loup (qui sont jaunes en ce moment), l’abélia est en fleurs alors même que son feuillage d’un bordeaux soutenu montre bien qu’il se croit en réalité en automne. Le contraste est encore plus beau:

À côté de la jardinière où les euphorbes « diamond frost » sortent de leur torpeur et ont l’air de croire un peu que l’été va finir par arriver, une prairie s’est installée: les érigerons et les gauras sont splendides:

En revanche, sur la face ouest du balcon (côté cuisine), si j’aperçois des boutons (enfin!) sur le rosier jaune, je vois aussi que les feuilles des senettis sont attaquées par des bestioles qui font comme des galeries. Ça n’empêche pas les plants de fleurir, mais c’est moche….

Si quelqu’un sait ce que c’est et surtout, comment s’en débarrasser, je suis preneuse de conseils éclairés.

Sea of Green

28 mai 2012 § 2 Commentaires

Je sens que ce nouveau titre risque d’être mal compris: ce n’est pourtant qu’une innocente allusion à ce que j’ai vu hier dans l’une des trois jardinières un peu en friche du balcon. Sur une mer de trèfles minuscules surgissent des gauras qui ont décidé de revenir d’entre les morts. Le contraste de couleurs est très beau:

Au chapitre des couleurs, après le rose de la dernière fois, je vois rouge. Les benoîtes « Mrs Bradshaw » fleurissent en rouge vif mais quand elles sont fanées, elles laissent des choses à crinière rouge assez intéressantes:

Les gueules de loup sont aussi de sortie. Elles ne sont jamais de la même couleur d’une année sur l’autre et cette année, elle sont (je trouve) particulièrement belles (Dieu merci elles ne sont pas jaunes, j’ai horreur des gueules de loup jaunes):

Je finirai à nouveau sur une touche de vert avec des nouvelles de l’amandier. Il est un peu ridicule parce que le fraisier qui squatte son pot est bien plus grand que lui, mais il pousse parfaitement. Je crois que je vais néanmoins devoir patienter quelques années avant de récolter mes première amandes…

Ce qui (re)pousse III

25 mars 2012 § Poster un commentaire

Parmi les plantes qui ont accepté avec une relative bonne volonté de se geler en janvier/février pour mieux repousser en mars, je signale aussi les deux pieds de pieris japonica, qui sont couverts de grappes de fleurs pourpre à faire pâlir un cardinal:

Le lecteur attentif aura remarqué que les feuilles sont passablement chlorosées. C’est vrai pour un pied mais pas pour l’autre et cette jaunisse est donc un mystère. Même exposition, même nourriture, même taille de pot…. Je vais tenter de lui mettre un peu de sulfate de fer.

Au pied de la glycine, sortant la tête du lit d’épluchures, les géraniums Johnson Blue sont déjà là. Les fleurs viendront plus tard mais visiblement le froid ne leur a rien fait. Il faut dire qu’ils ont donc passé l’hiver sous une bonne couche de carotte, poire, pomme, coquille d’œuf, marc de café, poireau et chou.

Pas de chlorose chez ces géraniums!

J’avais de gros doutes pour d’autres plantes, que je pensais plus fragiles ou plus exposées, notamment parce qu’elles étaient dans des pots plus petits ou dans un endroit moins ensoleillé. Finalement, les benoîtes, qui portent très bien leur nom, vont mériter un bon rempotage:

On aperçoit à gauche une amande laissée là par une corneille ou par un crétin de pigeon ramier. Je ne pense pas qu’elle donnera quelque chose. Je reparlerai dans quelque temps de l’amandier qui avait poussé l’an passé dans mes fraisiers et que j’ai rempoté délicatement la semaine dernière (je croise les doigts car j’en ai déjà fait crever un comme ça…. c’est pas ma faute si j’oublie de les déplacer à l’automne et si je suis ensuite obligée de le faire au moment où ça leur convient le moins!).

La plus grosse surprise est venue de l’hortensia soi-disant de l’Himalaya, que je pensais déjà en fin de vie avant même la vague de froid. Taillé à ras par souci esthétique plus que thérapeutique, le voilà qui repart:

Et enfin, en tout cas pour aujourd’hui, les gueules de loup dont je ne sais jamais si elles repartent du pied ou si elles se ressèment d’une année sur l’autre:

Où suis-je ?

Entrées taguées gueules de loup sur balconparisien.