Le Balcon disgracieux

30 novembre 2015 § 4 Commentaires

La grande tristesse qui s’est abattue sur Paris ces deux dernières semaines n’a pas épargné le balcon. C’est de saison me direz-vous, mais le balcon est tout à coup devenu assez disgracieux. Cette année plus que les autres années. Les températures douces qui se sont éternisées ont maintenu l’ensemble dans une sorte d’été sans fin, mais sitôt cette douceur passée tout est devenu gris et poussiéreux. La glycine et le Ginkgo ont perdu très rapidement toutes leurs feuilles, les platanes de la rue aussi et le reste ont suivi assez brutalement. Il n’est plus resté que les cosmos squelettiques, presque inquiétants comme des « tumbleweeds » de western.

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J’ai évidemment pensé arracher tout ce qui était fané (cosmos, mais aussi plans de tomates rabougris) mais si je ne l’ai pas encore fait ce n’est pas par flemme. Je me suis rapidement aperçue que certains trouvaient leur compte à ce spectacle désolant: les oiseaux. Il faut dire que dès les premières baisses de température les squatteurs sont revenus en grand nombre sur le balcon: deux merles, 3 mésanges charbonnières et au moins 5 ou 6 mésanges bleue, plus un rouge-gorge forcément solitaire (je vous conseille le dernier numéro de La Hulotte, consacré à ce charmant volatile). Les merles ont entrepris de transformer le balcon en souk en mettant de la terre et des trognons de pomme partout, mais ils ont fini par comprendre qu’il n’y avait toujours pas de vers de terre dans les bacs et par se mettre à dévorer les trognons. Le rouge-gorge grappille au sol ce que les mésanges voraces font tomber de la mangeoire. Il n’est pas très sociable et vient donc le matin tôt, aux premières lueurs du jour. Les mésanges ne sont ni asociales ni craintives et descendent en moins d’une semaine les nouveaux mélanges de graine dont je remplis la mangeoire: tournesol décortiqué, maïs rouge et vers de farine. Chaque année elles s’enhardissent un peu plus et elles se chamaillent maintenant sur une bonne moitié du balcon, se perchent un peu partout, y compris sur les boiseries des fenêtres histoire de voir ce qui se passe à l’intérieur:

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Leur timidité, encore perceptible l’an dernier, a laissé la place à une hardiesse incroyable. Quand je viens remplir la mangeoire elles restent maintenant juste à côté au lieu de s’envoler à tire d’ailes. J’ai trouvé une vieille boule de graisse dans un tiroir et pendant que je l’installais elles ont continué à faire la noria entre le platane et la mangeoire, comme si je n’étais pas là, et dès que j’ai refermé la fenêtre elles se sont jetées dessus sans hésiter:IMG_2957

Quel rapport avec les cosmos fanés, me direz-vous? Elles adorent s’y percher, mais surtout elles y prélèvent des fibres, j’imagine pour confectionner des nids (je ne suis pas sûre de ça, mais sans ça je ne vois pas, à moins que ce soit aussi une nourriture pour elles? je l’ignore). Et j’oubliais aussi qu’avant de prélever des fibres le long des tiges, elles ont mangé les graines de cosmos que j’avais laissées, de même qu’elles ont fait un sort aux tomates oubliées sur les pieds rabougris. La nature au sens large, même à l’échelle d’un balcon urbain, a besoin de ce passage ingrat de l’automne, de ces choses assez moches à regarder mais qui ont une fonction autre que décorative. Pour l’instant je les laisse donc et pour faire face à la demande en matière de nourriture, j’ai investi dans une « cabane à pains de graisse » (gras et insectes, miam!) qui a été immédiatement adoptée:

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Constater l’utilité des plantes fanées m’a fait réfléchir à ce que je cherchais finalement à faire avec ce balcon depuis dix ans. Une (petite) partie de moi voudrait avoir le spectacle un peu artificiel d’une nature toujours plaisante à regarder, c’est-à-dire d’un balcon conçu comme les plates-bandes que la mairie installe quatre fois par an en bas de chez moi. Une succession d’annuelles qui apporteraient de la couleur quasiment sans interruption. L’autre partie de moi-même vise, je pense, quelque chose de plus ambitieux et de plus aléatoire (y arriverais-je un jour?), une sorte d’éco-système balconier, où les plantes seraient livrées à elles-mêmes le plus possible, sans toutefois que je perde le goût de monter sur mon balcon et de le regarder avec plaisir. C’est un équilibre assez complexe et je pense que je ne le maîtrise pas encore. La solution de facilité serait de ne planter que des arbustes à feuilles persistantes ou semi-persistantes, comme j’en vois parfois en levant le nez quand je me promène. Mais l’idée ne me satisfait pas car je n’aime pas non plus la monotonie et surtout j’aime bien voir à la fois de la couleur et le passage des saisons, même si l’hiver me semble bien trop long à cette latitude! En réfléchissant à mes cosmos moches l’autre jour et à leur utilité pour d’autres que moi, je me suis dit qu’il y avait peut-être plus de cohérence que je ne le pensais à laisser par exemple le hasard du compost faire pousser des tomates partout, des melons ou des pommes de terres, à donner des trognons de pommes à des merles qui en retour grattent si bien la surface des pots que la terre n’est jamais tassée, ou à laisser les gauras et les cosmos se re-semer tout seuls, ou encore à faire pousser des choses qui se mangent autant que des choses qui s’admirent. J’ai d’ailleurs remarqué que ce qui se sème tout seul sur ce balcon pousse en général bien mieux que ce que je plante moi-même (ainsi les patates, j’y reviendrai dans un prochain article) et je pense que c’est à prendre en compte. N’allez pas croire que c’est la COP-21 qui me met ces idées dans la tête; il s’agit plutôt d’une réflexion générale sur ce que j’attends de ce balcon et sur cet équilibre difficile entre une nature « artificielle » et une nature laissée un peu « libre ». Je ne tire aucune conclusion définitive de cette réflexion, mais nul doute qu’elle guidera en partie mes choix futurs. En attendant, même sur un balcon parisien, on peut aussi admirer le soleil levant:

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et le soleil couchant:IMG_2912 (1)

Et franchement je ne m’en lasse pas.

« Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été »

24 octobre 2015 § 2 Commentaires

En ce moment je suis tout le temps dans l’urgence, comme le lapin blanc d’Alice. Une rentrée universitaire plus calamiteuse que les autres et vlan! tout le planning de travail normal se retrouve réduit à néant, sans parler de mes quelques activités annexes. Et pourtant, rien de plus prenant qu’un balcon d’automne: les feuilles commencent à rougir, à tomber pour certaines et il faut balayer; les fruits et légumes mûrissent encore et il faut les récolter; les fleurs font le dernier spectacle de leur tournée et il faut les admirer. Sur le balcon parisien les sujets d’ébahissement sont nombreux cette année, peut-être même plus que l’année précédente. Je pense que c’est parce que l’été s’est fini en pente douce et que finalement l’automne n’est pas encore vraiment froid (d’ailleurs on ne sait pas comment s’habiller). Le balcon, lui, sait très bien comment se vêtir et à sorti ses tenues les plus colorées. Roses, cosmos, gueules-de-loup, gaura, clématite: tout le monde s’y est mis.

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Il manque aussi une photo de l’abélia, qui a encore ses charmantes clochettes blanches et un feuillage rouille de toute beauté. Pour les cosmos il y a un mystère chez mes cosmos « candy » qui se sont donc re-semés tous seuls cet été: leur couleur. Il y en a des blancs avec un liseré rose pâle à l’extérieur, des blancs avec liseré rose tyrien à l’intérieur, des blancs sans rien, des entièrement tyriens… Comme pour les gueules-de-loup en fait, les cosmos changent de couleur d’une génération à une autre et je viens de l’apprendre!

Les oiseaux ont refait leur apparition sur le balcon, surtout les mésanges dont la gloutonnerie n’a pas diminué pendant l’été. J’ai raccroché ma mangeoire plus en hauteur et mis un reste de graines: ça n’a pas traîné, en quelques heures elles ont retrouvé le chemin du balcon et font du matin au soir la noria entre la glycine et le platane en face. Comme les arbres sont encore très en feuilles, je les entends plus que je ne les vois, mais il m’arrive d’en voir prendre appui sur le ginkgo ou même sur des tiges de cosmos. J’ai entendu à la radio que les oiseaux des villes étaient généralement plus petits que les oiseaux des champs, mais surtout qu’ils avaient du cholestérol (enfin, l’équivalent chez les oiseaux); bref, les pauvres bestioles ne sont pas en très bonne santé car elles picorent nos déchets, qui relèvent plus du burger ou de la pizza que de la graine: que du mauvais gras! Le balcon parisien, sensibilisé au problème de la malbouffe chez les oiseaux, met donc à leur disposition une nourriture adaptée et équilibré dès le début de l’automne!

Dans le genre vorace, j’ai pu observer de ma fenêtre un geai venu déguster en solitaire sur un chapeau de cheminée une amande qu’il avait piquée sur l’un des deux amandiers de ma rue. Pas très adroit, le volatile passait son temps à la faire tomber dans la gouttière, où il allait la rechercher pour tenter de lui faire enfin un sort. Le geai n’est pas un animal opiniâtre, après trois tentatives avortées il a — littéralement — lâché l’affaire, non sans avoir chassé madame geai, qui passait par là et voulait voir s’il y avait moyen de partager. Le geai est donc beau, mais pas très bricoleur et surtout pas très généreux. J’ajouterai que contrairement à d’autres habitants des contrées balconesques, le geai chante comme une casserole. Voici néanmoins quelques photos pas très nettes (mais il était loin et il pleuvait) de cet épisode comique:

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Je terminerai en vous parlant de mes melons. Le reste de mes récoltes étant encore en cours, le bilan définitif attendra, mais pour les melons, c’est fini. Sur cinq fruits, seuls deux sont parvenus à maturité. Enfin plus exactement à l’âge adulte, malgré leur petite taille (une balle de tennis). Voilà à quoi ils ressemblaient à la mi-septembre, cachés sous les feuilles:

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Les feuilles m’empêchaient hélas de voir que celui de gauche était attaqué par une sorte de pourrissement:

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Un examen plus rapproché m’a montré l’ampleur des dégâts:

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A la fin je n’ai donc récolté qu’un seul melon, que le laisse encore mûrir avant de tenter une dégustation…

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Petit mais crédible, non?

Valse-hésitation

18 novembre 2012 § Poster un commentaire

En ce moment, le balcon ne sait plus trop quelle attitude adopter. Le manque de lumière à définitivement installé l’automne, mais j’ai remarqué ce matin que de minuscules cosmos avaient fleuri et que d’autres s’apprêtent à le faire. Ils sont issus de graines qui se sont semées toutes seules un peu partout à partir des plants de cet été. Mignons comme tout!

 

J’ai rentré un peu in extremis une de mes plantes grasses, dont je viens d’apprendre qu’elle répond au doux nom d’Echeveria amoena (grâce à l’encyclopédique site www.cactuspro.com). J’oublie chaque année qu’elle fleurit à cette époque et j’ai peur qu’elle souffre un peu du froid matinal. Cela dit, comme toutes ses congénères, elle semble adorer la pluie abondante, même si elle n’a pas tellement appréciée l’orage de grêle.

 

Et pendant ce temps-là, sur le balcon en général, c’est déjà presque l’hiver. Le ginkgo, notamment, a viré au jaune mais a très vite perdu toutes ses belles feuilles… C’est la vie en pot qui accélère tout. Celui de ma belle-mère, qui a rigoureusement le même âge, était encore vert la semaine dernière. Il faut dire qu’il est éclairé la nuit par un réverbère. Voilà à quoi ressemble le morne balcon un jour gris d’automne:

 

Même valse-hésitation chez les mésanges, d’ailleurs. Elles n’avaient toujours pas trouvé ma mangeoire ce matin alors que je les voyaient virevolter partout sur les platanes de ma rue et sur le balcon lui-même: au moins deux ou trois couples de mésanges charbonnières et un ou deux couples de mésanges bleues. En revanche, ces feignasses avaient repéré vite fait la petite soucoupe remplie de graines de tournesol que j’avais posée sur une jardinière un peu râpée. Nettoyée en quelques jours! J’ai remis des graines ce matin: ni une ni deux, elles se sont jetées dessus. Du coup j’ai déplacé la mangeoire et je l’ai accrochée juste à côté de la jardinière nourricière. On verra bien si par hasard elles tombent dessus. La suite au prochain épisode!

L’apothéose

9 octobre 2012 § 8 Commentaires

Une surcharge de boulot m’a tenue férocement à l’écart de ce blog, mais pas totalement à l’écart du balcon, que j’arrose désormais rapidement et sans faire couler le trop plein d’eau sur le balcon du 2e étage grâce à un magnifique robinet qui me permet d’avoir mon beau tuyau d’arrosage branché  à l’extérieur et plus sur le robinet des toilettes, et donc branché en permanence. Une vraie révolution: le progrès est en marche sur le balcon! Plus d’allées et venues sans fin avec un arrosoir dans chaque main… Malheureusement, je n’ai pas pu faire joujou très longtemps: la pluie fait son office et me prive depuis plusieurs jours (semaines?) de mon nouvel arrosage.

L’automne est là bien sûr, mais comme il ne fait, somme toute, pas si froid, le balcon commence à peine à décliner et certaines plantes font comme si le printemps était déjà de retour.

C’est le cas de l’hortensia, qui n’a jamais fait deux floraisons depuis que je l’ai, mais qui est cette année couvert de fleurs, à nouveau, depuis début septembre :

Ses feuilles commencent à rougir et lui se remet à fleurir!

Dans la série des fleurs roses qui persistent et signent, il y a encore des gauras partout (car il s’en est planté des roses très pâles qui sont venus sûrement d’une galaxie fort fort lointaine… car moi je n’avais planté que des roses foncés):

Oubliez le soleil et la belle lumière et imaginez désormais les mêmes sous la pluie… Les anémones du Japon sont encore très vaillantes, mais comme des idiotes, elles poussent vers l’extérieur du balcon, si bien que je n’en profite pas. Ce n’est qu’au prix des pires contorsions que j’ai pu prendre cette photo:

De l’autre côté du balcon, le rosier de la cuisine qui avait sorti timidement deux fleurs avant mon départ en vacances se couvre de roses depuis la rentrée… les roses jaunes que j’adore et que j’ai déjà montrées ici :

 

On trouve aussi pas mal de vert sur le balcon en ce moment, même si certains feuillages commencent quand même à changer. Tout d’abord un géranium macrorhizum, qui est arrivé sur le balcon cet été sous la forme de bouture donnée par la fée Flo. Il s’est acclimaté, ça y est et se porte comme un charme:

Il y a quelques semaines, je décidai de couper à ras les cosmos et pour ne pas faire de jaloux, je coupai en même temps à ras les fenouils qui avaient poussé dans le même pot. De nature rebelle, tout ce monde là repousse de plus belle, les cosmos à partir de graines semées toutes seules (et qui ont d’ailleurs essaimé dans d’autres pots alentour) et les fenouils qui repartent du pied, ce qui m’épate…

 

Et pour finir, mystère en les mystères du balcon parisien: mon trèfle… enfin le trèfle qui envahit régulièrement mes jardinières, est atteint d’un mal étrange, une sorte de tremblement grotesque qui le fait friser comme un mouton. Aucune idée de ce que c’est et je dois dire que je m’en fiche un peu, mais j’ai l’impression que ça a aussi touché les deux pieds de benoîte « Mrs Bradshaw » qui survivent bon an mal an dans une jardinière trop petite et mal drainée.

 

 

Perdus dans le cosmos

5 septembre 2012 § Poster un commentaire

J’étais à deux doigts de couper les cosmos, qui commençaient à ressembler à de vieux épouvantails desséchés. Armée de mon plus beau sécateur je m’apprêtais à couper tout à ras et à vider la terre… et puis finalement je n’ai coupé que quelques tiges et rafraîchis le reste, car il y a encore pas mal de fleurs et de boutons, un papillon blanc qui volète autour de temps à autre (il est très rare, pour ne pas dire rarissime de voir des papillons sur le balcon parisien) et surtout des bourdons et des abeilles qui viennent encore faire leurs courses. Comme cette bestiole, gloutonne, littéralement couverte de pollen de cosmos de la tête au pied. À ce propos je croule sous les graines et suis prête à en envoyer à qui en veux.

 

Ailleurs sur le balcon…

27 juin 2012 § 4 Commentaires

Maintenant que rosiers et clématites sont défleuris, d’autres plantes ont pris vaillamment le relai de la floraison. Outre les cosmos et les roses trémières  qui s’annoncent et sans parler des gueules de loup (qui sont jaunes en ce moment), l’abélia est en fleurs alors même que son feuillage d’un bordeaux soutenu montre bien qu’il se croit en réalité en automne. Le contraste est encore plus beau:

À côté de la jardinière où les euphorbes « diamond frost » sortent de leur torpeur et ont l’air de croire un peu que l’été va finir par arriver, une prairie s’est installée: les érigerons et les gauras sont splendides:

En revanche, sur la face ouest du balcon (côté cuisine), si j’aperçois des boutons (enfin!) sur le rosier jaune, je vois aussi que les feuilles des senettis sont attaquées par des bestioles qui font comme des galeries. Ça n’empêche pas les plants de fleurir, mais c’est moche….

Si quelqu’un sait ce que c’est et surtout, comment s’en débarrasser, je suis preneuse de conseils éclairés.

Cosmogonie

26 juin 2012 § Poster un commentaire

Ça y est, depuis hier ça bouge du côté des cosmos. Ce n’est pas encore l’explosion, mais quelques boutons s’ouvrent très lentement. Ils ne sont guère aidés par le temps, il faut l’avouer. C’est ma première expérience de cosmos en pots, alors j’attends de voir, mais il paraît que ça se fait.

Au bout de sa tige, celui-ci à l’air d’un œil d’escargot, au bout de sa « corne », ou d’un périscope.

Celui-là est plus avancé et on voit déjà des couleurs qui le font ressembler à un berlingot, pas très étonnant que cette variété s’appelle « Candy »:

Où suis-je ?

Entrées taguées cosmos sur balconparisien.