Un balcon en forêt

4 juin 2016 § 4 Commentaires

Avant de vous montrer plus longuement tout ce qui fleurit en ce moment malgré le temps, voici quelques vues du balcon depuis l’intérieur. En ce moment c’est tellement vert qu’on se croirait en Normandie!

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A droite, l’abélia, que j’ai changé de pot au moment où j’ai délocalisé le ginkgo, se développe comme un fou. Vivement qu’il se couvre de fleurs! Sur cette fenêtre à part les gauras, il faudra attendre un peu pour avoir des fleurs. A gauche (on ne la voit pas sur la photo car elle planquée derrière le mur), la cytise a finit de fleurir (tout en jaune!) mais cette année elle était vraiment magnifique.

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Fenêtre du milieu, on voit l’amandier encadré par le rosier « Iceberg » et le rosier « Paul Cézanne », ce dernier commençant tout juste sa floraison. Au-dessus de l’amandier, la jardinière de géraniums « Espresso » est magnifique. J’ai bien veillé cette année à ce qu’aucun cosmos ne pousse pour que les géranium puissent se développer, et je ne suis pas déçue.

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La troisième fenêtre est celle des framboisiers, couverts de framboises encore totalement vertes. Au premier plan, le géranium macrorrhizum a fait beaucoup de belles feuilles mais pour l’instant je ne vois pas l’ombre d’une fleur. Dans le même pot, un polygala s’est semé tout seul et je l’ai ratiboisé un peu sauvagement au début du printemps. Dès qu’il fera un peu chaud il reprendra du poil de la bête. Pas encore en fleur, les roses trémières et la clématite « Cézanne » se camouflent encore dans tout ce vert.

Enfin le balcon vu de la quatrième fenêtre:

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Le balcon parisien, saison 6 épisode 1

29 mai 2016 § 16 Commentaires

Comme je l’avais brièvement expliqué à Laurence, qui s’inquiétait généreusement de ne plus rien lire sur le balcon, le temps m’a manqué ces derniers temps. Je ne peux pas dire que j’en ai plus aujourd’hui, mais c’est en ce moment la plus belle période du balcon, celle où tout ou presque est en fleur et ça m’ennuyait de rien montrer. Et puis ce blog entame sa sixième année, ce qui mérite bien que je délaisse un peu le boulot et le reste. D’autant que j’ai trouvé un peu de temps pour remporter, transplanter, repiquer…. Je vais faire comme un scénariste de série à succès, je ne vais pas tout dévoiler dès le premier épisode de la nouvelle saison, mais voici un premier aperçu des nouveautés et des changements.

Autant être franche, le printemps s’est fait attendre et alors qu’i est censé disparaître dans trois semaines, on peut dire qu’on l’aura assez peu vu. J’ai attendu la mi-mai pour cesser de donner des graines à la ménagerie habituelle (mésange, bleues et charbonnières, merles, étourneaux, moineaux), et quand il a fait de nouveau très froid début mai, tout la volière était bien contente de trouver un peu de graines et d’eau sous les grêlons.

Je vais sans doute commencer par la glycine, qui a donné de très belles grappes de fleurs cette année et qui sont restées en fleur très longtemps avant de faner (il faut bien que le temps frais ait un avantage).

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Et en plus, elle embaumait dès que le soleil arrivait! Elle est désormais couverte d’un beau feuillage qui pour le moment ne souffre pas de chlorose.

Deux arbres nés sur le balcon se sont aussi bien sortis de l’hiver (qui n’a pas été très rigoureux non plus). L’amandier tout d’abord, qui a lancé de nouvelles pousses et qui avant cela s’est retrouvé couvert de fleurs. le voilà maintenant avec des amandes. Il y en a eu beaucoup au départ, sans doute trop d’ailleurs, et au final il ne reste que 5 grosses amandes, mais pour un arbre de sa taille, et qui vit en pot, c’est déjà bien:

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Il y a aussi le marronnier, qui avait souffert (il était tout jeune l’an dernier) de la mineuse, mais qui a plus que doublé de volume au sortir de l’hiver. Sa mue m’a fascinée et j’adore ce moment où le bourgeon gluant laisse sortir le duvet vert des feuilles.

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Côté cour, l’altéa et l’érable du Japon se portent très bien, et à ma grande surprise, l’érable a fleuri pour la première fois! Je pensais qu’il se sentirait toujours trop à l’étroit pour fleurir, il faut croire que non:IMG_3245

la bonne santé de ces arbres (bonne santé partagée avec l’olivier et l’abélia) compense un peu le départ du regretté Ginkgo pour un jardin moins hostile. Je lu ai rendu visite la semaine dernière: il se porte à merveille. Fin de l’épisode 1, la suite bientôt.

« Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été »

24 octobre 2015 § 2 Commentaires

En ce moment je suis tout le temps dans l’urgence, comme le lapin blanc d’Alice. Une rentrée universitaire plus calamiteuse que les autres et vlan! tout le planning de travail normal se retrouve réduit à néant, sans parler de mes quelques activités annexes. Et pourtant, rien de plus prenant qu’un balcon d’automne: les feuilles commencent à rougir, à tomber pour certaines et il faut balayer; les fruits et légumes mûrissent encore et il faut les récolter; les fleurs font le dernier spectacle de leur tournée et il faut les admirer. Sur le balcon parisien les sujets d’ébahissement sont nombreux cette année, peut-être même plus que l’année précédente. Je pense que c’est parce que l’été s’est fini en pente douce et que finalement l’automne n’est pas encore vraiment froid (d’ailleurs on ne sait pas comment s’habiller). Le balcon, lui, sait très bien comment se vêtir et à sorti ses tenues les plus colorées. Roses, cosmos, gueules-de-loup, gaura, clématite: tout le monde s’y est mis.

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Il manque aussi une photo de l’abélia, qui a encore ses charmantes clochettes blanches et un feuillage rouille de toute beauté. Pour les cosmos il y a un mystère chez mes cosmos « candy » qui se sont donc re-semés tous seuls cet été: leur couleur. Il y en a des blancs avec un liseré rose pâle à l’extérieur, des blancs avec liseré rose tyrien à l’intérieur, des blancs sans rien, des entièrement tyriens… Comme pour les gueules-de-loup en fait, les cosmos changent de couleur d’une génération à une autre et je viens de l’apprendre!

Les oiseaux ont refait leur apparition sur le balcon, surtout les mésanges dont la gloutonnerie n’a pas diminué pendant l’été. J’ai raccroché ma mangeoire plus en hauteur et mis un reste de graines: ça n’a pas traîné, en quelques heures elles ont retrouvé le chemin du balcon et font du matin au soir la noria entre la glycine et le platane en face. Comme les arbres sont encore très en feuilles, je les entends plus que je ne les vois, mais il m’arrive d’en voir prendre appui sur le ginkgo ou même sur des tiges de cosmos. J’ai entendu à la radio que les oiseaux des villes étaient généralement plus petits que les oiseaux des champs, mais surtout qu’ils avaient du cholestérol (enfin, l’équivalent chez les oiseaux); bref, les pauvres bestioles ne sont pas en très bonne santé car elles picorent nos déchets, qui relèvent plus du burger ou de la pizza que de la graine: que du mauvais gras! Le balcon parisien, sensibilisé au problème de la malbouffe chez les oiseaux, met donc à leur disposition une nourriture adaptée et équilibré dès le début de l’automne!

Dans le genre vorace, j’ai pu observer de ma fenêtre un geai venu déguster en solitaire sur un chapeau de cheminée une amande qu’il avait piquée sur l’un des deux amandiers de ma rue. Pas très adroit, le volatile passait son temps à la faire tomber dans la gouttière, où il allait la rechercher pour tenter de lui faire enfin un sort. Le geai n’est pas un animal opiniâtre, après trois tentatives avortées il a — littéralement — lâché l’affaire, non sans avoir chassé madame geai, qui passait par là et voulait voir s’il y avait moyen de partager. Le geai est donc beau, mais pas très bricoleur et surtout pas très généreux. J’ajouterai que contrairement à d’autres habitants des contrées balconesques, le geai chante comme une casserole. Voici néanmoins quelques photos pas très nettes (mais il était loin et il pleuvait) de cet épisode comique:

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Je terminerai en vous parlant de mes melons. Le reste de mes récoltes étant encore en cours, le bilan définitif attendra, mais pour les melons, c’est fini. Sur cinq fruits, seuls deux sont parvenus à maturité. Enfin plus exactement à l’âge adulte, malgré leur petite taille (une balle de tennis). Voilà à quoi ils ressemblaient à la mi-septembre, cachés sous les feuilles:

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Les feuilles m’empêchaient hélas de voir que celui de gauche était attaqué par une sorte de pourrissement:

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Un examen plus rapproché m’a montré l’ampleur des dégâts:

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A la fin je n’ai donc récolté qu’un seul melon, que le laisse encore mûrir avant de tenter une dégustation…

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Petit mais crédible, non?

Murder, she wrote

23 juillet 2015 § 6 Commentaires

Autant l’avouer, je suis la Lady Macbeth des balcons parisiens. J’ai du sang sur les mains. Il fallait bien que ça arrive un jour d’ailleurs et ce n’est pas la première fois. Depuis quelque temps déjà je voyais bien à certains signes qu’un incident était imminent. Des plantes piétinées sans ménagement; d’abord au pied du grand buis, puis dans la jardinière de lavande. Des brindilles disposées à des endroits stratégiques. Quelques démonstrations de force avaient mis un terme à ces agissements, mais le répit ne fut que provisoire. Au début, je n’ai pas prêté attention à l’aspect un peu avachi du géranium Johnson Blue qui, pour une raison mystérieuse, ne s’est jamais vraiment accommodé de sa colocation forcée avec la glycine. Les pieds de melon (qui feront l’objet d’un article à venir, mais oui cette année des melons poussent sur le balcon parisien!) couraient en rampant vers la grille du balcon, mais c’est ce que font traditionnellement les melons de balcon (enfin, les melons en général). Il faut dire aussi qu’il est très difficile de voir quelque chose dans la jungle luxuriante qu’est devenu ce coin du balcon, entre l’abélia (qui a doublé de volume) et surtout les tomates, qui font quasiment un mètre de hauteur avec des feuilles immenses. Toujours est-il qu’à mon retour, après une semaine Outre-Manche, j’ai fini par remarquer une forme de couleur inhabituelle au pied de la glycine. C’était elle! Celle qui tournait autour du balcon depuis des jours en attendant le moment opportun. Tapie à l’abri de la forêt de tomates géantes.IMG_2647Je n’ai pas compris tout de suite. Et puis, mes gesticulations bruyantes ne la faisant pas bouger d’un millimètre, l’effrayante réalité s’est imposée: elle avait nidifié! L’odieuse machination était en train de porter ses fruits. C’est un problème propre aux balcons urbains. Souvenez-vous, j’en avais déjà parlé (voir l’article « Silent enemy ») et il y a quelques années, dans un précédent appartement, une jardinière de romarin avait été squattée pendant les vacances d’été.

Taraudée par mon instinct maternel, j’ai hésité. Pauvre pigeonne. Mais très vite la raison a repris le dessus et l’envie de conserver le nid et d’observer la naissance de pigeonneaux (après tout, je ne me lasse pas d’observer mes mésanges) a vite laissé la place à des scènes atroces dans lesquelles des roucoulements incessants accompagnaient une production industrielle de fiente de rat volant sur une rambarde que j’avais repeinte moi-même l’an dernier. Légèrement rongée par la culpabilité (tout de même) j’ai lu à droite et à gauche ce que je pouvais trouver sur la question, et une information a précipité la décision fatale: une fois confortablement installé sur un coin de balcon à son goût, le couple de pigeon y revient tous les ans jusqu’à ce que mort s’ensuive! Bigre. Il fallait donc agir vite et couper à la mère éplorée toute envie de revenir sur le balcon de la mort.

Elle ne s’est pas laissée déloger facilement. Sans doute concentrée sur la ponte d’un autre œuf, elle s’est d’abord reculée un peu (pile sur mes pieds de melons, que l’on aperçoit un peu derrière elle):IMG_2651

 

Un seul œuf! Je prenais donc le mal à la racine, car les pigeonnes en pondent en général trois. Il a fallu du temps pour qu’elle décampe et une fois partie j’ai pris l’œuf et le nid, rapatrié les tiges rampantes de melon vers l’intérieur et hérissé la zone de baguettes en bois.IMG_2644

Je dois avouer que mes derniers scrupules se sont évanouis lorsque je me suis rendu compte que j’avais affaire à des pigeons amateurs et pas à des professionnels de la ponte. Non seulement leur nid ne ressemblait pas à grand chose et n’aurait guère protégé la couvée de l’humidité (car si j’avais décidé de garder le nid et les œufs j’aurais arrosé, fatalement), mais en plus, toute à mon entreprise meurtrière, je suis tombée par hasard sur un autre œuf, pondu littéralement n’importe où par la mère inconsciente et peu au fait des règles élémentaires de la reproduction aviaire:IMG_2652

Quelle idiote cette pigeonne! Était-il raisonnable de la laisser devenir mère de trois pigeonneaux? Je vous laisse juge!

 

L’arroseur et l’arrosé

9 juillet 2015 § 17 Commentaires

Comme le dit bien Laurence, la canicule est assez difficile à supporter pour des plantes de balcon. Impossible d’étendre ses racines pour aller chercher un peu d’eau en profondeur; il faut compter sur l’arrosage. Or, sur un balcon, arroser est un exercice délicat, même quand la chaleur est accablante. Avant de vous parler de mes observation sur l’arrosage en balcon, je vais tout de même vous donner quelques nouvelles et vous résumer les épisodes pré-canicule.

Cette année, les rosiers ont été magnifiques, mais celui qui m’a comblée c’est le « Paul Cézanne », qui vient seulement de se faner. Les coccinelles ne s’y sont pas trompées et l’ont fréquemment visité, même s’il est toujours moins touché que les autres par les pucerons:IMG_2397

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Vous remarquerez que ses zébrures rouges habituelles sont cette année très peu marquées. je n’ai pas d’explication, mais je remarque que les roses apparues les plus tardivement étaient les plus zébrées:IMG_2402

Les cosmos ont pris le relais. Cosmos qui se sont plantés tout seuls et qui sont, cette année, très florifères. J’en profite pour annoncer (surtout à Anne à qui j’en avais promis), que j’en récolte les graines et que je suis prête à en envoyer à qui me donnera son adresse par email (dans la limite des stocks disponibles). Leur couleur est aléatoire, certains sont comme sur la photo et d’autres sont irisés de blanc (pourtant ce sont les mêmes graines de cosmos Candy).IMG_2391

Cette année, le laurier rose, comme tout le reste, a très abondamment fleuri:IMG_2429

 

Je n’ai pas de photos de l’abélia, qui fait en ce moment même le bonheur des abeilles. Avant la canicules, tout était cette année dans une forme olympique, jusqu’à l’euphorbe « petit cyprès », qui ne craint pas trop la chaleur:IMG_2386

Je ferai plus tard une chronique potagère, mais j’aimerais maintenant aborder le problème général de l’arrosage sur un balcon parisien. Le sujet est délicat. Les trois quarts de l’année, le balcon parisien est surtout gorgé d’eau de pluie, sans possibilité de contrôle. Aux plantes de se débrouiller avec ce régime et à elles aussi d’accepter de passer d’un temps où la boisson coule à flot à une période estivale de régime plus sec. La tâche du jardinier parisien est donc de compenser la pluie disparue, mais de le faire en incluant aussi le paramètre de la température. C’est là que ça se corse. Chaleur et humidité forment le cocktail favori de certaines maladies, notamment l’oïdium et les taches noires du rosier. Cette année les miens y ont eu droit: le rosier « Super Fairy » a été attaqué par l’oïdium et beaucoup de ses boutons de rose sont tombés sans fleurir malgré mes pulvérisations de savon noir, et le rosier « Iceberg », couvert de fleurs magnifiques, a été terrassé par les taches noires, dues à un champignon qui prolifère dès que les conditions de chaleur et d’humidité lui sont favorables.IMG_2392Comme je ne veux pas traiter chimiquement, j’ai potassé tout ce que j’ai pu trouver sur le sujet et j’en suis arrivée à la conclusion qu’il fallait combiner le purin d’ortie et une abstinence hydrique, ce que les anglo-saxons appellent « dry rest ». J’ai d’abord enlevé toutes les feuilles attaquées, taillé assez sévèrement la bête, puis j’ai laissé sans arrosage pendant un certain temps. Mais combien de temps? C’est toute la question. Comment savoir s’il reste encore de l’humidité dans un pot? Après moult cogitations et surtout après avoir planté une brochette métallique dans un cake à la banane pour en tester le degré de cuisson, je me suis dit qu’il fallait faire pareil avec mes plantes et c’est désormais à l’aide de tuteurs en bambou que je teste leur humidité. S’ils ressortent de terre humides et couverts d’une terre qui s’accroche un peu, je laisse mon tuyau d’arrosage à sa place, si le tuteur ressort à peu près sec, j’arrose avec mesure. Résultat des courses, mon « Iceberg » a recouvré la santé (lui quand il a besoin d’un arrosage je l’arrose à l’arrosoir avec du purin d’ortie): il a ressorti des feuilles saines et me gratifie même d’une dizaine de roses en bouton! Du coup j’ai mis un peu tout le monde au repos hydrique, sauf le potager et la jardinière des cosmos, qui boivent comme des trous.

On peut trouver étrange de limiter l’arrosage en période de forte chaleur, et effectivement, il faut veiller à ne pas tomber dans un excès préjudiciable. Mais je sais que ma tendance est assez facilement d’arroser trop. Maintenant je réfléchis à deux fois. L’autre problème lié à l’arrosage (et à la composition des sols, notamment en pot) c’est le risque de chlorose. Un sol trop alcalin et c’est la chlorose, mais un sol trop délavé et c’est aussi la chlorose. Parfois elle peut aussi être due à un manque d’arrosage: c’est dire si jardiner en balcon est un art difficile! D’autant plus difficile que les effets de la trop forte chaleur sont similaires à la chlorose: les feuilles jaunissent mais les nervures restent plus longtemps vertes. Dans le cas de la chaleur soudaine, la feuille finit par jaunir totalement et par tomber: la plante limite l’évaporation en se débarrassant de sa surface feuillue. Dans ce cas, on peut facilement être tenté d’arroser à tort et à travers et c’est comme ça qu’on risque d’étouffer les racines: un numéro d’équilibriste!! La bonne réaction (mais j’ai mis longtemps à ne pas paniquer) est de laisser faire la plante tout en ayant un œil sur le degré d’humidité de la terre. Le rosier « Paul Cézanne » s’est ainsi débarrassé d’un tiers de ses feuilles:IMG_2449

Et la glycine prend les mêmes mesures:IMG_2450

Toutes les feuilles jaunes sur cette photo sont aujourd’hui tombées. Bizarrement certaines plantes n’ont pas besoin de prendre des mesures aussi radicales: l’abélia reste droit dans ses bottes et l’althéa aussi, les clématites ne bougent pas non plus. Les gauras, en revanche, quelle que soit leur variété, tombent aussi quelques feuilles lorsqu’il fait chaud:IMG_2451

Autre conséquence de la canicule, j’ai vu revenir mes mésanges qui venaient après chaque arrosage matinal chercher un peu d’eau!

 

Nature et culture

14 mai 2015 § 7 Commentaires

Tout à l’heure en prenant mon café, avant que la pluie n’arrive, j’ai encore repéré deux plants de tomate qui poussaient tranquillement au pied du rosier « Sourire d’Orchidée » et je me suis dit qu’il fallait que je parle d’un phénomène qui m’intéresse tout particulièrement dans la vie de ce balcon parisien: le partage de territoire entre ce que je plante et ce que la nature plante. Plusieurs cas de figure se présentent:

1) Des plantes plantées par moi échappent à leur jardinière et colonisent l’espace vital de leurs voisines. C’était le cas problématique de l’euphorbe « petit cyprès » qui avait envahit de manière très agressive le pot d’Armande, et qu’il ne faut jamais laisser prospérer. C’est aussi le cas (en moins dramatique) de l’ancolie. J’en avais planté deux variétés, une rouge très sombre et une double rose très pâle. La seconde a disparu (hélas) et la première n’existe plus du tout dans sa jardinière d’origine, mais se retrouve au pied de l’abélia, au coude à coude avec la lavande papillon dans une autre jardinière et plus fort encore dans une jardinière qui se trouve sur cour, de l’autre côté de l’appartement!

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IMG_2112Dans la première photo, on aperçoit aussi une gueule de loup, une fleur d’érigeron et un pied de benoîte qui n’est pas encore en fleur. La lavande est la seule à avoir été dûment plantée. La gueule de loup fait partie de conquérantes, avec une variation de couleur imprévisible. Rose orangée au pied de la lavande, elle est presque fuchsia au pied de l’abélia (il faut me croire, le rendu des couleurs n’est pas optimum):IMG_2085

IMG_2097mais elle est carrément jaune pâle (je déteste les gueules de loup jaunes, mais bon) sur la fenêtre de la cuisine, où elle partage le pot d’un genre de coronille :IMG_2114Cette dernière appartient d’ailleurs à un autre cas de figure:

2) La plante que je n’ai jamais plantée et qui est venue toute seule (il me semble que j’avais récupéré des graines de gueules de loup chez ma belle-mère, donc la gueule de loup appartient à la catégorie 1). L’exemple le plus célèbre est celui de l’amandier, mais il y en a d’autres. La coronille est ainsi tombée du ciel au pied du rosier « Paul Cézanne » (alors côté cuisine), est morte le jour où je lui ai enlevé son compagnon, puis est ressuscitée. Elle se porte aujourd’hui à merveille et elle a retrouvé une copine de pot. Les jardinières côté cour sont d’ailleurs celles qui accueillent le plus de plantes clandestines. On voit plus haut dans la jardinière où s’épanouit le beau pied d’ancolie, une lavande normale (elle, je l’avais plantée) qui survit tant bien que mal (attaquée régulièrement par les immondes cochenilles « balais à franges » que j’enlève régulièrement à la main), et des érigerons, arrivées aussi du balcon principal. Juste à côté, un pot qui contenait à l’origine un hortensia de l’Himalaya que j’avais planté, contient désormais une fille de la lavande, une fille de l’ancolie et des érigerons. Je crois que l’hortensia, que j’aurais dû retirer du pot l’an dernier, est mort. Dans le genre « tombé du ciel » le balcon compte également sur cour une vigne vierge de Virginie (cinquefolia) et côté balcon une vigne vierge trilobée (parthenocissus)! Plus récemment, j’ai découvert que dans une jardinière de gauras s’est invitée une plante mystère, dont les feuilles et les tiges (elle lance de longues tiges, aucune floraison en vue pour le moment) me font vaguement penser à un chèvrefeuille. Si quelqu’un arrivait à l’identifier, ça me rendrait bien service, la voici:IMG_2099

3) Les plantes que je n’ai pas vraiment plantées mais qui ne sont pas venues d’ailleurs non plus puisqu’elles sont issues du compost. J’ai évoqué les tomates de cette année (il faut croire qu’on en a beaucoup mangé l’été dernier) et bien sûr les pommes de terre de l’an dernier, qui ont défrayé la chronique balconnière… voici d’ailleurs leurs filles:IMG_2067

 

Dans les écuries d’Augias (ou à peu près)

8 mars 2015 § 14 Commentaires

Galvanisée par le beau temps (aujourd’hui j’étais en Tshirt sur le balcon… en Tshirt!), j’ai décidé d’avancer. Avant de faire un tour des travaux du jour, quelques photos de l’amandier et de quelques autres pensionnaires qui préparent le printemps. L’amandier d’abord, vedette du balcon 2015, en bouton il y a quelques jours en fleurs aujourd’hui :

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Les tulipes ce dimanche, pour comparer avec celles de Laurence (juste derrière on voit la clématite Paul Cézanne qui sort ses premières feuilles):

IMG_1877Et puis aussi l’abélia, et son nouveau feuillage vert tendre:IMG_1866

Je ne veux pas vendre prématurément la peau de l’ours, mais je crois que la glycine prépare pas mal de boutons floraux (croisons les doigts). Aujourd’hui j’ai donc surtout vidé de la jardinière. Celle dans laquelle végétaient des pieds de fenouil et des asters devenus minables; celle dans laquelle de la ciboulette chinoise n’en finissait plus de faire des racines; celle où j’avais planté des géraniums vivaces qui sont mort tout de suite puis des graines de cosmos qui avaient poussé n’importe comment. Bref, de déconfiture lente en fiasco immédiat, tout acharnement aurait été idiot…IMG_1868

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Ce n’est pas très intéressant de montrer des pots vides, mais c’est juste pour montrer que j’ai travaillé. Ce n’est qu’une partie de ce qu’il faut faire, mais j’avance! Du coup je me suis rendue compte que la clématite (fille de Cézanne) plantée sans conviction dans un petit pot et mise au pied du rosier sourire d’orchidée n’était pas morte. J’avais pris les fleurs de l’an dernier pour une sorte de chant de cygne, mais non, elle repart de plus belle. Je l’ai donc sortie de son pot étroit et replantée dans plus grand. Regardez donc cette chevelure de racines!

IMG_1869A ce propos d’ailleurs, me voici de nouveau soumise à un chantage affectif abjecte. Dans la lignée de feue la clématite Armandii, le rosier sourire d’orchidée tente de me convaincre au moyen des artifices les plus grossiers de son  désir ardent de s’accrocher au balcon… le voilà qui sort une multitude de feuilles magnifiques. Je l’avais ratiboisé sans ménagement et laissé sans aucun soin, sans même un regard, pendant tout l’hiver, bien décidée à l’arracher aux beaux jours.

IMG_1871Du coup je ne sais plus quoi faire. Assaillie par les scrupules, rongée par la culpabilité, hantée par le souvenir d’Armande, j’hésite. Je le vire ou je le garde??? Aaaaaaah!

Si vous voulez que Sourire d’orchidée reste sur le balcon parisien, tapez 1….

Si vous voulez que l’aventure s’arrête ici pour lui, tapez 2….

 

 

 

 

 

 

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