Nature et culture

14 mai 2015 § 7 Commentaires

Tout à l’heure en prenant mon café, avant que la pluie n’arrive, j’ai encore repéré deux plants de tomate qui poussaient tranquillement au pied du rosier « Sourire d’Orchidée » et je me suis dit qu’il fallait que je parle d’un phénomène qui m’intéresse tout particulièrement dans la vie de ce balcon parisien: le partage de territoire entre ce que je plante et ce que la nature plante. Plusieurs cas de figure se présentent:

1) Des plantes plantées par moi échappent à leur jardinière et colonisent l’espace vital de leurs voisines. C’était le cas problématique de l’euphorbe « petit cyprès » qui avait envahit de manière très agressive le pot d’Armande, et qu’il ne faut jamais laisser prospérer. C’est aussi le cas (en moins dramatique) de l’ancolie. J’en avais planté deux variétés, une rouge très sombre et une double rose très pâle. La seconde a disparu (hélas) et la première n’existe plus du tout dans sa jardinière d’origine, mais se retrouve au pied de l’abélia, au coude à coude avec la lavande papillon dans une autre jardinière et plus fort encore dans une jardinière qui se trouve sur cour, de l’autre côté de l’appartement!

IMG_2106

IMG_2112Dans la première photo, on aperçoit aussi une gueule de loup, une fleur d’érigeron et un pied de benoîte qui n’est pas encore en fleur. La lavande est la seule à avoir été dûment plantée. La gueule de loup fait partie de conquérantes, avec une variation de couleur imprévisible. Rose orangée au pied de la lavande, elle est presque fuchsia au pied de l’abélia (il faut me croire, le rendu des couleurs n’est pas optimum):IMG_2085

IMG_2097mais elle est carrément jaune pâle (je déteste les gueules de loup jaunes, mais bon) sur la fenêtre de la cuisine, où elle partage le pot d’un genre de coronille :IMG_2114Cette dernière appartient d’ailleurs à un autre cas de figure:

2) La plante que je n’ai jamais plantée et qui est venue toute seule (il me semble que j’avais récupéré des graines de gueules de loup chez ma belle-mère, donc la gueule de loup appartient à la catégorie 1). L’exemple le plus célèbre est celui de l’amandier, mais il y en a d’autres. La coronille est ainsi tombée du ciel au pied du rosier « Paul Cézanne » (alors côté cuisine), est morte le jour où je lui ai enlevé son compagnon, puis est ressuscitée. Elle se porte aujourd’hui à merveille et elle a retrouvé une copine de pot. Les jardinières côté cour sont d’ailleurs celles qui accueillent le plus de plantes clandestines. On voit plus haut dans la jardinière où s’épanouit le beau pied d’ancolie, une lavande normale (elle, je l’avais plantée) qui survit tant bien que mal (attaquée régulièrement par les immondes cochenilles « balais à franges » que j’enlève régulièrement à la main), et des érigerons, arrivées aussi du balcon principal. Juste à côté, un pot qui contenait à l’origine un hortensia de l’Himalaya que j’avais planté, contient désormais une fille de la lavande, une fille de l’ancolie et des érigerons. Je crois que l’hortensia, que j’aurais dû retirer du pot l’an dernier, est mort. Dans le genre « tombé du ciel » le balcon compte également sur cour une vigne vierge de Virginie (cinquefolia) et côté balcon une vigne vierge trilobée (parthenocissus)! Plus récemment, j’ai découvert que dans une jardinière de gauras s’est invitée une plante mystère, dont les feuilles et les tiges (elle lance de longues tiges, aucune floraison en vue pour le moment) me font vaguement penser à un chèvrefeuille. Si quelqu’un arrivait à l’identifier, ça me rendrait bien service, la voici:IMG_2099

3) Les plantes que je n’ai pas vraiment plantées mais qui ne sont pas venues d’ailleurs non plus puisqu’elles sont issues du compost. J’ai évoqué les tomates de cette année (il faut croire qu’on en a beaucoup mangé l’été dernier) et bien sûr les pommes de terre de l’an dernier, qui ont défrayé la chronique balconnière… voici d’ailleurs leurs filles:IMG_2067

 

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§ 7 réponses à Nature et culture

  • anne dit :

    c’est drôle , les plantes ont du caractère et s’installent où elles veulent !
    Ds ton entourage de balcons , au dessous , au dessus , il y a d’autres jardiniers amateurs ?

  • sylvaine92 dit :

    Ah ! Les graines semées par le vent ou les oiseaux !
    Dans mon jardin, c’est pareil ! Des plantes venues de nulle part, des semis qui poussent à des mètres du pied mère, la nature est généreuse !
    Bonne soirée

    • Sylvette dit :

      Oui tu as raison Sylvaine, mais sur un balcon parisien entouré de bitume et de béton, ça m’épate!! J’aime en tout cas l’idée qu’elle soit si présente.

  • Laurence dit :

    Assez surprenant tout ça mais belle et intéressante analyse.
    A ce jour, la seule surprise tombée du ciel, ici bas sur ma terrasse, ont été les oeillets qui avaient poussé allègrement au pied de l’olivier l’an dernier. Sinon rien d’autre.
    Pour en revenir à ce que demandait Anne (voisins jardiniers), j’ai lu récemment une étude sur les balcons/ terrasses de Paris qui indiquaient que seulement 20% de ces surfaces étaient utilisées à des fins de jardinage… quelle tristesse
    Très belle la 2nde photo des gueules loup.
    Bonne journée Sylvette

    • Sylvette dit :

      Je pense que tu es plus en hauteur que moi et j’imagine donc que ça joue dans une certaine mesure. Il y a aussi un petit square pas loin de chez moi, mais a priori la végétation que j’y vois ne vient pas s’aventurer chez moi. Je suis sidérée que si peu de balcons et de terrasses donnent lieu à des plantations. Mes voisins sont essentiellement des gens âgés qui n’ont plus le goût ou l’énergie d’avoir des plantes mais qui surtout ont des maisons de campagnes assez proches de Paris. Notre cour a cependant pas mal de plantes et c’est une voisine qui s’en occupe, plus dans le genre jardin à la française des années 50 mais c’est un îlot vert assez agréable. 20% c’est tout de même très peu. Ça fait quelque temps que je m’intéresse à cette évolution qui se fait malgré moi. Loin de vouloir la contrer je la laisse suivre son cours et j’observe le résultat. J’espère aussi certains événements, comme l’arrivée d’un cerisier. Avec tout ce que les pigeons apportent comme noyaux de cerises soigneusement nettoyés pour l’instant pas un n’a germé sur le balcon!!!

      • Laurence dit :

        Voici donc notre nouvel observatoire parisien nommé Sylvette ! Sache que je suis toutes tes observations avec beaucoup d’intérêt.
        Côté ‘altitude’ , je suis au 5ème étage, on doit donc naviguer dans des hauteurs similaires, non ?
        Hier je me suis retrouvée bec-à-bec avec une mésange, appareil photo autour du cou mais impossible de faire un shooting, elle aurait pris la fuite de suite !

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