Les trois grasses

16 décembre 2012 § 2 Commentaires

Alors que Noël approche, le balcon parisien est rentré dans sa période triste: plus une feuille, sauf sur le laurier rose, et en toile de fond, les platanes eux aussi sont nus. Comme il menaçait de faire frisquet et qu’il a même neigé une nuit, j’ai rentré les plantes grasses, qui généralement passent l’hiver à l’intérieur même si ce n’est curieusement pas l’endroit qu’elles préfèrent. En théorie, elles peuvent supporter des températures assez froides, voire négatives pour certaines, mais je ne veux pas me laisser surprendre par une chute des températures. Il y a quelques années, toutes celles qui sont maintenant rentrées dans l’appartement tenaient dans une cagette d’oranges, mais au fil des rempotages, elles occupent maintenant une place folle.

Celle qui m’impressionne le plus est sans doute le portulicaria afra variegata. J’ai failli la perdre une année à cause du froid puis d’un mauvais arrosage et puis après une bonne taille, elle repartie fièrement et ressemble maintenant à un petit arbre. J’ai vu qu’on pouvait même en faire des bonzaïs superbes, mais je n’en suis pas là, même si elle a maintenant un vrai tronc.

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Ce qui surprend c’est qu’elle a tendance à perdre pas mal de feuilles, mais apparemment ce n’est pas anormal. Pour l’arrosage, après avoir testé trop et pas assez, je la baigne pendant plusieurs heures une fois par semaine, comme une vulgaire orchidée, et ça marche. Quand elle est dehors je l’arrose plus traditionnellement mais, du coup, plus souvent.

Juste à côté d’elle, on voit un bout de la plante dont je parlais l’autre jour et que j’avais bêtement prise pour une Etcheveria.   Tragique méprise: apparemment, et malgré la ressemblance, ce serait plutôt un Pachyphytum bracteosum. Quand j’en ai parlé, elle arborait crânement une hampe de fleurs oranges… je compte cinq nouvelles hampes en formation (dont celle que l’on aperçoit à droite du portulicaria), ce n’était jamais arrivé avant (je l’ai depuis trois ans)! Elle avait fait une hampe l’an passé, mais je l’avais bêtement cassée en la rentrant!

Pachyphytum bracteosum

Pachyphytum bracteosum

Il s’écoule un certain temps (plusieurs semaines) entre le moment où elle sort une hampe télescopique et le moment où celle-ci se couvre de fleurs, mais le spectacle est assez chouette.

P1040891Les taches marrons qu’on aperçoit sur certaines feuilles (et aussi sur le portulicaria) sont des cicatrices de l’orage de grêle dont j’avais parlé dans un précédent post. Pas très bon pour les plantes grasses, la grêle. À tout prendre elles préfèrent la neige.

Cet été, j’ai euthanasié une crassula très vieille, rongée par des cochenilles dont rien ne venait à bout, couverte d’une pellicule collante immonde par ces bestioles ignobles. Elle avait connu des jours glorieux, mesurait presque un mètre de haut et ressemblait à une sorte de baobab. Elle a eu plusieurs filles: une est chez un ami et mesure à son tour un mètre de haut, une autre magnifique chez ma belle-mère et la plus jeune chez moi. Un changement de pot a accéléré sa croissance et je sens que d’ici peu, je vais me retrouver avec une géante. Celle-ci est donc une classique crassula ovata:

crassula ovata

crassula ovata

Quand elle reste dehors et qu’il fait un peu froid, il arrive que les feuilles s’ourlent d’un liseré rouge foncé, mais sur celle-là c’est assez aléatoire. J’ai aussi remarqué que la mère et ses filles n’avaient pas forcément les mêmes feuilles ni la même façon de pousser. Sur elle aussi on voit bien les cicatrices laissées par les grêlons.

J’ai aussi une autre crassula, crassula variegata, avec un feuillage un peu plus allongé et surtout vert et crème. Celle-là va devoir changer de pot sous peu, elle est tellement lourde qu’elle bascule dès qu’on la frôle.

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Dans le pot de feue la mère de toutes les crassula, j’ai replanté deux choses que j’avais rapportées de chez ma mère. Évidemment, dans le sud, elles vivent à l’année sur la terrasse, mais ici c’est autre chose et elles ont elles aussi besoin de rentrer au chaud. J’ai failli les perdre toutes les deux à cause du froid l’hiver dernier (je les avais ressorties trop vite) et je les ai replantées ensemble dans le grand pot vacant. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ont apprécié l’espace: elles ont poussé comme des folles.

L’espèce de mélange de chou et de marguerite est un aeonium arboreum. Plante extrêmement cool puisque si par malheur une tige se casse, il suffit la planter n’importe où pour qu’elle continue à vivre. C’est d’ailleurs en partie pour ça que la mienne a l’air si touffue, je l’ai taillée et j’ai replanté la partie que j’avais enlevée (et qui la déséquilibrait) et j’ai aussi planté une branche cassée. À son pied, j’ai mis une autre variété qui avait failli mourir surtout parce qu’elle était trop à l’étroit. Il s’agit apparemment d’un cotyledon orbiculata (c’est peut-être une crassula arborescens, mais le cotyledon est de la famille des crassulae et quand je compare les photos j’ai vraiment l’impression qu’on parle de la même chose…), que les anglais appellent joliment « Pig’s ears ».

aeonium arboreum et cotyledon orbiculata

aeonium arboreum et cotyledon orbiculata

Tout en bas, on voit une bouture de pachyphytum qui attend d’être plantée. Je vais finir par viser une production industrielle!

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